La technologie dans Terminator 2, mis en perspective avec 24 heures chrono

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La deuxième analyse du deuxième volet du Terminator prolonge l’analyse de la séquence du poste de police du premier volet avec l’analyse en particulier de la scène de l’interrogatoire de Sarah Connor à l’hôpital. On s’intéresse à plusieurs questions, surtout à la question de la technologie et du point de vue qu’a le film sur l’utilisation de la technologie. L’analyse sera mise en perspective avec d’autres films ou séries TV qui apportent un point de vue différent sur la technologie bien que l’on note des similitudes avec Terminator.

Pour résumer rapidement, on avait noté dans l’analyse du premier film que la technologie était plutôt néfaste pour l’homme, car imprécise, mensongère, voire illusoire, étant beaucoup moins sophistiquée et performant que la technologie du Terminator, les deux technologies étant mises en contrastes. On avait noté également que le « replay » est positif car il permet de montrer ce qui s’est passé à une personne qui n’était pas là à l’instant où l’évènement s’était déroulé, mais qu’il présente un seul point de vue, une image de basse qualité avec beaucoup d’inexactitudes.

On débute avec la scène de l’hôpital durant laquelle Sarah assiste à son interrogatoire du passé qui est un replay. On note tout de suite que le contraste avec le Terminator est toujours valable puisqu’on a toujours cette différence entre le bleu et le rouge. La différence majeure avec la caméra du poste de police est que, cette fois-ci, le zoom opéré n’est plus artificiel, puisque la caméra qui filme Sarah opère un dézoom, et non la caméra qui sert à tourner le film. C’est une manière de noter que, durant ces dernières quelques années, il y a eu une forme de progrès dans la technologie, que l’homme l’utilise de plus en plus mais l’améliore également.

Le motif de l’insouciance

Mais la relation créée entre les hommes et la télévision est toujours artificielle puisqu’on ne peut pas créer une liaison entre une télévision et des personnes qui la regardent, surtout si ce qui est montré est temporellement décalé. On crée une liaison artificielle entre la Sarah du passé et eux du présent, mais surtout entre la Sarah du passé et la Sarah du présent car les autres ne semblent pas s’intéresser à ce qu’ils voient, totalement insouciants. Mais c’est encore plus complexe puisque la Sarah du passé parle d’une vision qu’elle a eu du futur aux personnes du présent. Encore une fois, comme dans le poste de police, on a bien là le retour du motif de l’insouciance des hommes vis-à-vis du futur, de l’avenir. Les spectateurs ne ressentent rien, ils n’ont aucune émotion, ils sont complètement indifférentes et prennent Sarah pour une femme folle. Parmi les spectateurs dans la salle, il n’y a que Sarah qui croit à ce qu’elle disait, il n’y a qu’elle qui réceptionne ce qu’elle disait dans le passé.

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Il s’agit-là clairement d’un dialogue de sourds, et on note le plan très signifiant qui isole Sarah toute seule, en train de fumer et de se regarder. C’est d’autant plus marquant que, durant ce plan où elle est seule, le docteur du passé parle, et dans le dialogue on retrouve deux mots clés : « dream » et « end of the world ». Ce sont deux éléments qui vont en contradiction car le rêve qu’a fait Sarah sur la fin du monde n’est justement pas un rêve mais bien une vision. D’ailleurs, elle répond que ce n’est pas un rêve mais que c’est bien réel. Le rêve, sous forme de vision, qu’a fait Sarah, est bien réel, ce qui implique que la fin du monde est réelle.

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Le plan qui suit avec la télévision au centre avec le docteur à gauche montre que le seul avertissement, dans toute la planète confondue, sur son sort, son avenir, la seule trace qui est laissée est bien cette interrogatoire de Sarah dans le passé. Ce sont ces précieuses minutes qui constituent la seule trace laissée pour avertir les autres du futur à venir. Sarah est une forme de messagère, c’est la seule qui puisse passer le message. Elle affirme qu’il est complètement inconscient, associe « rêve » » et « réalité », ce n’est pas elle qui vit dans un rêve mais bien lui qui se trouve dans les nuages.

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Comme dans le premier volet, quelque chose de très attendu intervient un peu plus tard, le fameux arrêt sur image qui signifie ici très clairement le refus de voir la réalité en face, on ne veut plus écouter le danger à venir, on refuse de voir les choses en face.

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La mort omniprésente

Il est intéressant de noter le lexique du rêve et de la mort. A plusieurs reprises, elle emploie à plusieurs reprises le mot « dead », « already dead ». Il est intéressant de relever que la scène est très blanche, très lumineuse. La scène est fortement lumineuse, tout est très blanc, autant la salle que la patiente ou les gardiens. La couleur blanche est aussi associée au milieu de l’hôpital. On peut donc en déduire que cet hôpital symbolise une figure de paradis, d’au-delà, avec tous ces personnes qui sont, comme le dit Sarah, « déjà morts », et qui hantent les lieux. La mort hante toute la scène. La mort est omniprésente durant toute la scène, on peut avoir cette impression que ce sont en fait des fantômes qui regardent finalement le passé, leur passé, ce qui s’est passé ou bien, qu’ils sont déjà considérés comme morts puisqu’ils ne veulent voir la réalité en face.

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Ainsi le dialogue « I feel much better now » (« Je me sens bien mieux maintenant ») prend tout un sens maintenant, on pourrait comprendre ici que, par des signes, on nous fait comprendre qu’elle se sentirait mieux une fois morte. On retrouve deux raisons qui l’expliquent. La première serait qu’elle se sentirait mieux une fois morte pour ne pas assister à ce qui va se passer, affirmant que la mort est une meilleure solution que d’être spectateur de l’évènement à venir, le plus horrible serait d’y assister sans rien ne pouvoir faire plutôt que de mourir. La deuxième raison, un peu plus fantastique, serait que Sarah, maintenant morte puisque fantôme, se sent mieux car une fois que tout le monde aura assisté à l’évènement, on croira la Sarah du passé et ses avertissements. On saura alors qu’elle avait bien raison sur ce qu’elle avait dit dans le passé concernant le futur à venir. Dans les deux cas, on comprend en effet pourquoi elle se sentirait mieux une fois morte.

On peut pousser l’analyse plus loin. En restant emprisonnés dans cet hôpital, ils sont tous condamnés à mourir car ils restent spectateurs, ils n’agissent pas pour changer le futur. L’humanité, en tant que spectateur, est déjà morte. Pour survivre, il faut agir. Cette hypothèse prend toute sa place puisque dans le film, elle assiste, spectatrice, à la destruction planétaire sous forme de visions. Ce qui est intéressant à noter est que, durant ces visions, elle reste derrière une grille, motif de prison, qui conforme bien l’hypothèse. Elle est bien emprisonnée, comme morte, dans cet hôpital, qui l’empêche d’agir. Elle ne peut pas se libérer, d’un point de vue psychologique, puisque personne ne la croit et bien entendu d’un point de vue physique, puisqu’elle se trouve dans une cellule, attachée. C’est exactement la liberté qu’elle cherche à obtenir durant cette scène de face à face avec le docteur, liberté qu’il ne la lui rend pas. On voit bien que cette hypothèse est tout à fait sérieuse et crédible, loin d’être à négliger. C’est même le fil moteur de tout le film.

La libération physique sera symbolisée plus tard par la serrure cassée de la porte de la prison, lorsqu’elle s’enfuit, dans un premier temps, mais surtout par la main tendue par le Terminator. On a là un plan culte très signifiant avec la main tendue du Terminator qui représente la libération de Sarah accompagné de la fameuse réplique « Come with me if you want to live » (« Viens avec moi si tu veux vivre »), c’est cette main tendue qui va permettre de la libérer et la sauver de la mort, psychologique (prison), mais aussi physique (le T1000 était venu pour la tuer). Il y a donc double libération morale et physique.

Le symbole de la main est un symbole très classique dans le langage cinématographique. Elle est associée à l’idée de sauvetage, de rescousse, on peut retrouver cette mise en scène dans La Mort aux trousses comme dans Batman Begins. Tous les spectateurs savent que la main est synonyme de libération, de renfort. La scène est d’autant plus signifiante que le T1000 arrive et se trouve du côté de la prison, donc de la mort, la prison étant associée à la mort. Il entre dans le monde « vivant » pour tuer John et Sarah, qui vient de retrouver sa liberté, sa vie, son fils, son sauveur, mais ils sont toujours menacés par la mort.

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Mise en scène, faux-semblants et jeu de rôle

Durant l’interrogatoire, le panoramique droite dévoile la télévision dans le miroir où la Sarah du passée est montrée, mise à l’arrêt. La menace hante toujours le présent. On comprend bien qu’elle est complètement hypocrite quand elle dit qu’elle va mieux, se comporte mieux car elle est en totale désaccord avec la Sarah du passé, montrée en arrière plan. Elle essaie de se montrer changée mais ce n’est pas vrai. Elle se crée véritablement un rôle, elle joue faux pour manipuler le docteur et se libérer physiquement pour sauver John.

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Le travelling arrière dévoile une mise en abime intéressante, puisqu’elle montre la caméra qui filme. On comprend que tout est sous emprise technologique, la technologie contrôle tout, maitrise tout. La Sarah du présent est filmée pour être montrée dans le futur. Mais c’est encore plus complexe. On filme pour montrer dans le futur la Sarah du présent qui parle du passé (ils parlent sur ce qu’elle avait dit auparavant), mais elle parle aussi du futur (présent actuel) sous le point de vue du passé (« you said… after six months). Si l’on affine, on obtient : la Sarah du présent voit la Sarah du passé parler du futur puis la Sarah du présent parle du passé et du futur par rapport au passé à cet instant, pour être montré dans le futur. Bref, on obtient un embrouillage total, la technologie embrouille tout. On a déjà du mal à suivre, et dans les prochains interrogatoires, quand le dispositif sera re et re-répété, cela deviendra impossible de suivre, faute d’avoir des repères précis dans le temps (la Sarah du passé voit la Sarah du passé qui parle du futur, la Sarah du passé parle du passé et du futur par rapport au passé à cet instant, pour être montré dans le futur,…).

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La technologie ridiculise les hommes et a une longueur d’avance par rapport à eux. En quelque sorte, la technologie les dépasse. La Sarah du présent est actuellement filmée pour être montrée dans le futur, elle deviendra alors Sarah du passé à ce moment. On comprend pourquoi la technologie est illusoire et trompeuse. La Sarah qui est en train d’être filmée affirme qu’elle ne croit plus à ce qu’elle disait dans le passé, c’est ce qu’elle dit durant la scène pour bluffer. Et pourtant, quand elle ment au docteur dans la salle, elle croit bien entendu à ce qu’elle disait.

La technologie véhicule donc le faux-semblant, Sarah joue ici un rôle, elle est une actrice et elle sera montrée sous un jour d’actrice dans le futur puisqu’elle est filmée, le spectateur du futur ne saura pas qu’elle joue un rôle et qu’elle trompe les autres. Contrairement à ce que l’on voit dans la télévision au début de la scène, la technologie, désormais, ne véhicule plus la réalité.

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Le travelling arrière est un plan très intéressant, surtout quand il débouche sur la télévision qui révèle ce que filme la caméra. C’est exactement le même plan qu’avant, quand la Sarah du présent était isolée et regardait la Sarah du passé. On a là la même composition de l’image, donc une analogie entre les deux plans par la mise en scène. Avant, c’était la réalité, elle pensait vraiment à ce qu’elle disait, maintenant c’est la technologie qui montre la réalité, et elle joue un rôle. On comprend donc comment la technologie pourrait transmettre de fausses informations. Une question se pose alors, comment se fait-il qu’avant, elle montrait la vraie Sarah et maintenant la fausse?  Tout simplement, avant Sarah disait la vérité, et comme les autres étaient insouciants, ce sont bien les hommes qui ont obligé Sarah à devenir malgré elle une actrice pour se libérer. On en conclut que c’est bien à cause des hommes insouciants que la technologie transmet de fausses informations. Indirectement, c’est à cause des hommes qu’on reçoit des mauvaises informations, à cause d’eux que Sarah est obligée de mentir, de jouer un rôle pendant qu’elle est filmée. D’ailleurs, un peu plus tard dans la scène, le docteur comprend bien que Sarah joue faux.

La technologie, au départ, malgré des points négatifs, présente un avantage : on (re)voit la réalité, mais c’est une représentation plus ou moins vraie du réel, et, à cause des hommes, la technologie rend une représentation fausse du réel.

De plus, un peu plus tard dans le film, la police vient voir Sarah à l’hôpital et lui dit qu’on a retrouvé le même homme qu’en 1984, le T800, montrant deux clichés. Or ce n’est pas du tout la même personne, la technologie montre le même physique mais c’est un Terminator bien différend, donc la technologie est bien illusoire. On ne peut pas déduire des conclusions sur tout ce qui est montré par la technologie.

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Il est intéressant de noter l’obsession de tous par la technologie, ils sont aveuglés par une multitude d’écrans, ils ne veulent pas voir la vraie réalité en face. Alors qu’elle devient violente, voire dangereuse, le cameraman continue de filmer sans jamais se soucier de la dangerosité de Sarah vis-à-vis du personnel de l’hôpital. Le docteur permet même de faire une blague à la technologie, complètement insouciant, il devient moqueur. Les hommes sont montrés insouciants, voire complètement fous, psychopathes, le comportement du gardien contre Sarah est non seulement violent (coups), mais en plus pervers (il lèche son visage), c’est eux qui sont fous, non pas Sarah.

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L’analogie avec le T000 est intéressante car le T1000 constitue une technologie illusoire, il est lui-même un faux policier…

La scène nous montre donc une technologie dangereuse, trompeuse, en fait, il faut que l’homme puise l’utiliser, l’appréhender, bien s’en servir, de manière intelligente. C’est ce que fera John avec le T800 en lui disant de ne pas utiliser d’arme à feu contre n’importe qui.

Mise en perspective avec 24 heures chrono

SAISON 1 – ÉPISODES 1 À 7

Il peut paraitre surprenant de mettre en perspective Terminator et la série 24 heures chrono. Mais ils entretiennent tous les deux un point de vue très construit et très intéressant sur la question de la technologie. On s’intéresse ci-dessous à la première saison de 24, des épisodes 1 à 7.

Dans l’ensemble générale dans 24, la technologie est un atout pour Jack Bauer car il lui permet d’avancer dans son enquête, et grâce aux analystes de la cellule, d’éviter des attaques terroristes. Prenons l’exemple du tout premier épisode. Grâce au téléphone, Jack écoute, espionne ce que disent les uns et les autres, il espionne ainsi ce que dit George Mason, et donc, la technologie est bien un atout pour lui, il sait s’en servir. C’est aussi grâce à la technologie qu’il retrouve le mot de passe des comptes de sa fille pour la retrouver alors qu’elle a disparu dans la nature. C’est la technologie qui lui permet d’avoir des éléments, des pistes, Bauer s’en empare et s’en sert pour progresser.

Dans l’épisode 2, on dévoile un côté négatif de la technologie car elle permet d’opposer un groupe d’hommes face à un autre, il ne s’agit plus de la Technologie VS l’Homme mais de l’Homme VS l’Homme à cause de la technologie. Ainsi, une taupe au sein de la cellule l’utilise pour envoyer des informations sans se faire repérer. On voit bien ici que toute technologie a des failles. L’épisode montre toutefois l’avantage qu’elle procure : envoi de données avec rapidité et efficacité. Surtout, Jack obtient par la technologie le nom de la taupe au sein de la cellule, Nina Myers, la méchante de la saison. Or, plus tard, il est persuadé de son innocence et s’en veut même de l’accuser. On comprendra à la toute fin de la saison que la technologie ne se trompe jamais, ne commet aucune erreur. C’est l’homme, qui à cause de ses émotions, commet des erreurs, des fautes, mais la technologie est une science exacte, et on a là un point de vue véritablement différent par rapport à Terminator dans lequel la technologie brouille les pistes.

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L’épisode 3 continue dans cette direction, on montre le fonctionnement de la technologie, avec des plans sur le satellite, cet appareil qui fournit des données exactes, contrairement à Bauer, qui s’affaiblit de plus en plus, ne croyant pas trop à la technologie. Il a une certaine méfiance envers elle, notamment quand ce sont ses émotions qui prédominent.

L’épisode 5 est intéressant. On voit bien que toute l’étendue de la ville est sous emprise technologique. Le montage enchaine une image technologie et une image réelle, en quelque sorte, les associe, les égalise. Ce sont les mêmes images, et donc, contrairement au Terminator, ici, la technologie montre la réalité, et plus singulièrement, la technologie est la réalité. Même si Mason n’est pas avec Bauer physiquement, via la technologie, il le suit, il utilise l’intermédiaire de la technologie pour être avec lui.

L’épisode 6 continue d’opposer les hommes entre eux par la technologie puisque Gaines l’utilise pour contrôler Bauer, il le voit comme s’il était avec lui et lui donne des ordres, le commande. Il contrôle tous ses mouvements et gestes, Bauer ne peut échapper à la technologie. Il doit véritablement apprendre à s’en servir pour en tirer avantage.

L’épisode 7 représente un point culminant sur la réflexion de la technologie dans la saison. Au début, la technologie maitrise tout, Bauer tente d’utiliser les anciennes méthodes, en écrivant un mot sur un papier pour expliquer qu’il parle sous la menace, mais la technologie est bien plus forte que le papier, il n’y parvient pas. Gaines, le spectateur, maitrise tout par la technologie. Un peu comme dans Terminator, ce sont des acteurs qui jouent des rôles. Bauer ne se comporte pas comme il est dans la vraie vie, il joue comme le metteur en scène souhaite qu’il joue, la technologie peut donc donner aussi une fausse représentation de la réalité, on a donc toujours cette problématique de la réalité, ce discours se rapproche bien plus du Terminator que de l’épisode 5. Gaines voit quelque chose de faux car Bauer lui-même est faux, Bauer tire profit de la technologie, il a compris comment il doit l’utiliser pour tromper son adversaire. Ainsi, il se montre menaçant envers Nina car Gaines veut le voir ainsi, il doit se comporter d’une certaine manière pour satisfaire les attentes du metteur en scène. C’est donc au tour de Gaines désormais de se faire manipuler par Bauer qui utilise la technologie pour manipuler Gaines. La technologie entraine toujours cette thématique du faux-semblant, de la question de savoir si la réalité vue est vraie ou fausse. On a là un exemple bien marquant : Gaines voit certes la veste de Nina, mais il ne voit pas le gilet par balles qu’il constitue. Donc la technologie, là aussi, est illusoire et trompeuse. Elle peut tromper le spectateur car il n’assiste pas à la scène en réalité, il n’est pas là physiquement, il ne peut donc pas tout percevoir, tout voir en vrai. Gaines voit plus tard le cadavre de Nina, or rien de tout cela n’est vrai, ce n’est qu’une fausse représentation de la réalité, elle est peut-être inconsciente mais pas morte. Cette fois-ci, c’est bien Bauer qui met en scène la mort de Nina et fait croire via le media une certaine représentation du réel à Gaines. Il s’agit donc d’un duel à distance entre les deux, chacun utilise le media pour mettre en scène et tromper l’autre.

L’épisode 7 est également très signifiant puisqu’il présente des points positifs et négatifs en même temps. Bien que Bauer réussit à sauver la vie de Nina grâce à la technologie, il est bien en permanence surveillé par le preneur d’otages de sa fille. Bien qu’il ne voit pas tout en vrai, Gaines voit tout, mais la technologie ne remplace en aucun cas l’oeil humain qui ne fait pas que voir mais comprend en plus. Et, dans un même temps, on a également un point de vue positif sur le replay, contrairement dans Terminator, puisque Tony fait une bonne utilisation du replay, il s’en sert bien et grâce au replay, il va comprendre ce qu’il voit : il va comprendre que Jack a pris un gilet par balles. On comprend donc bien qu’il faut savoir bien utiliser la technologie, Tony et Gaines voyant la même chose mais ayant deux représentations différentes. Grâce au replay, Tony voit mieux ce qui s’est passé, il a tous les détails, toutes les précisions.

Ces sept premiers épisodes montrent finalement les mêmes points que développent Terminator : le rapport à la réalité, la mise en scène, le faux-semblant, mais insiste véritablement sur le fait que la technologie peut être un avantage si on s’en sert bien, si on l’utilise bien. C’est à l’homme de bien s’en servir, et sur ce fait, les deux oeuvres sont plutôt en accord.

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