Breakdown

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Certains cherchent la vérité, d’autres leur femme. N’était-ce pas le cas d’un certain Nick Dune? Bien avant lui, Richard Walker, à son tour, partait à la recherche de sa femme Sondra dans Paris, aujourd’hui intéressons-nous à un film d’un autre registre, Breakdown, dans lequel le héros voit sa femme disparaitre aux États—Unis, en pleine région désertique.

Jeff et Amy Taylor ont pris la route pour San Diego où leur attend une nouvelle vie. En plein désert, leur voiture tombe en panne. Un routier, Red, propose à Amy de l’amener au prochain relais routier pour demander de l’aide. Jeff répare le véhicule et réussit à faire démarrer. Mais, au relais routier, il ne trouve aucune trace de son épouse. Red affirme n’avoir jamais vu son épouse et Jeff n’est pas cru par la police.

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Breakdown est un très bon thriller qui fonctionne très bien, soutenu par un rythme très efficace. Il reprend en quelque sorte le même schéma narratif que le premier film de Steven Spielberg, Duel. Même s’il est moins intéressant que celui-ci, notamment concernant le mystère du récit, Breakdown étant un peu plus conventionnel, il reste un très bon film. Après une introduction inquiétante qui met en exergue le passage dans l’autre monde, comme au début de Shining finalement, Jeff se retrouve en plein désert. Il est seul et sa femme vient de disparaitre. progressivement se met en place un processus de perte de contrôle, de mental. Le routier, Red, dit n’avoir jamais connu sa femme, les riverains ne l’ont jamais vu non plus et ce n’est sûrement pas la police qui le croit. En quête d’une nouvelle vie, un peu comme le schéma de Calme blanc, Jeff rencontre de gros obstacles dans son nouveau départ.

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La scène de la banque, en particulier, montre cette perte de contrôle et de mental. Non seulement Jeff essaie d’observer les faits et gestes de tout le monde, mais il est aussi observé par tous. les surcadrages avec les barreaux renvoient immédiatement à l’idée de cellule de prison, une forme d’enfermement, d’oppression dans ce désert. Jeff est perdu dans ce paysage infini, comme il serait perdu dans un labyrinthe, à cause de la vastitude horizontale beaucoup trop grande. Il est fatigué, on ressent sa perte de contrôle lorsqu’il va essayer de trouver une arme dans la banque. On reprend là aussi le schéma du chef-d’oeuvre Calme blanc où les personnages sont perdus en pleine mer, paradoxe entre le fait que l’espace est bien trop grande, mais que dans le même temps, tout est visible. Comme la mer, le désert désoriente et donne une impression de tourner en rond, d’une forme de cercle vicieux, d’une spirale qui n’en finit pas. D’ailleurs, la scène qui suit la banque, le rendez-vous au bord de la route, clin-d’oeil à la scène culte de La Mort aux trousses, insiste sur la perte des repères de Jeff, il avance sans avancer, toutes les routes se ressemblant.

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Le film est très intense, on y retrouve une atmosphère désertique inquiétante et oppressante. Les tensions instaurent un cadre paranoïaque dans lequel se dissimulent les faux-semblants et les mensonges. Le soleil écrasant rend la quête de Jeff davantage complexe, mais il est assez dommage que le film ne joue pas plus sur l’oppression caniculaire. La musique est très intéressante également puisqu’elle créée un petit son, une sorte de vent fantomatique qui vient hanter le film, lui donnant une épaisseur de plus. Kurt Russel et Kathleen Quinlan forment un duo très intéressant, on note également un J.T. Walsh formidable, disparu peu après après le film.

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Pour son premier film, Jonathan Mostow mise sur l’efficacité et il réussit. On ne s’ennuie jamais durant cette quête dangereuse de Kurt Russel. Le casting, la musique et les cascades périlleuses renforcent cette impression. Hormis les deux filmés cités dans l’analyse, on note d’autres qui reprennent, plus ou moins, ce schéma : L’Homme qui voulait savoir, La Disparue et La Rivière sauvage.

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