Tyler Cross, Black Rock

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Superbe découverte, la BD Tyler Cross est une merveille cinématographique, qui explore deux genres, celui du polar et du western, dans une Amérique désenchantée. L’histoire est fascinante et la mise en scène magistrale. Rapprochement avec le cinéma ici.

Tyler Cross vient de braquer 17 kilos d’héroïne pure appartenant à la Mafia. Il a 20 dollars en poche, un fusil à pompe, un Colt à la ceinture et il est à pied, seul, au fin fond du Texas. Direction Black Rock, un bled paumé sous la coupe d’un magnat du pétrole et de ses fils.

Le premier tome Black Rock est un véritable polar noir. La trame, d’apparence plutôt classique, est revisitée de manière originale. Fabien Nury et Brüno nous plongent dans une Amérique poussiéreuse, corrompue et désenchantée. On y retrouve bien entendu la Mafia, des tueurs froids, des villes perdues soumises aux grands propriétaires, des femmes abandonnées et maltraitées… L’univers de Tyler Cross emprunte au polar, au western et quelques touches au road movie. Le personnage a l’élégance et le flegme d’un James Bond, mais aussi la froideur et brutalité d’un Clint Eastwood, on pense tout de suite à L’Inspecteur Harry mais aussi à l’homme sans nom, qui débarque tel un ange dans une ville perdue au fin fond de l’Amérique, si bien mis en scène par Sergio Leone. On pense aussi à la violence et à la désillusion de certains films de Sam Peckinpah, comme Apportez moi la tête d’Alfredo Garcia par exemple et la solitude des personnages hantés dans une ville perdue de Red Rock West dans lequel il est aussi question de fuite, d’argent et de tueurs ainsi qu’aux paysages magnifiques filmés par Sergio Leone.

L’univers de Tyler Cross et l’histoire de ce tome font surtout rappel à un autre film, Guet-apens de Sam Peckinpah avec Steve McQueen, la BD est même, presque, une adaptation. Le récit possède beaucoup de similitudes : un couple en fuite, de l’argent, une valise que transporte sans cesse toujours avec lui le personnage masculin, des tueurs, des mafieux, la police, un train, des voitures, un hôtel, une fusillade finale assez brutale, une fuite vers le Mexique, et bien d’autres détails. Surtout Tyler Cross est mis en scène comme Steve McQueen l’est dans le film, élégant avec son costume, armé comme lui avec un fusil à pompe, et transportant une valise. Les deux personnages ont quasiment la même relation envers la femme même si Doc et Carol sont mariés dans le film. Enfin ils souhaitent tous les deux s’enfuir et partir pour le Mexique. En lisant Black Ross, on a cette sensation de revoir Guet-apens de Sam Peckinpah.

N’hésitez donc plus et découvrez cette magnifique BD, pour son visuel sublime, ses références cinématographiques très plaisants qui en font son charme, son cadrage intelligent et son histoire très bien rythmée.

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