Basic Instinct – Sharon

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Sharon, for ever.

Zoom sur Soliloquy (Sharon), 1992 – 2000 de Candice Breitz.

Après l’analyse du film en quatre parties, j’aimerais revenir sur un travail assez méconnu, celui de l’artiste Candice Breitz, Sharon, qui fait parti de sa trilogie Soliloquy.

Première partie : l’analyse globale du film

Deuxième partie : trois scènes majeures (comprendre comment la réalisation met en exergue les processus)

Troisième partie : l’analyse de la fin

Quatrième partie : la modélisation du récit 

Avec Jack (Nicholson) et Clint (Eastwood), Sharon est un des trois monologues montés par l’artiste Candice Breitz, pour notamment mettre en exergue la grandeur de la star et sa relation avec Hollywood. Il s’agit d’un montage qui se focalise totalement sur un acteur iconique d’Hollywood, ici Sharon Stone. Le montage commence par le début du film, son point de départ, pour suivre ensuite chronologiquement les scènes principales avec Sharon, ne montrant  exclusivement qu’elle. Candice Breitz choisit certains dialogues, pas tous, parfois même les coupe, ne prélevant que des mots, des réactions. Un fond noir apparait lorsque Sharon parle mais n’est pas montrée à l’écran. L’actrice, donc, parle à elle-même, soliloque, mais aussi s’adresse directement au spectateur. Elle représente à elle-seule les images du film, quant à sa voix, elle, forme le son.

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Ne bénéficiant pas de fil narratif, le personnage est isolé, Catherine est isolée dans son monde. L’absence de contexte véritable montre que c’est bien Catherine qui dirige tout, influence son monde, manipule ses proches. Peu importe la réponse des autres, leurs commentaires, leurs attitudes face à ce que dit ou fait Catherine, c’est bien elle la plus importante, la plus belle, la plus intelligente, la plus manipulatrice. Cette absence de contextes et l’isolement de Catherine renvoient à la forme d’une spirale (proche du cercle, notons-le), une spirale qui est utilisée par Catherine elle-même pour manipuler et « embobiner » les autres. En somme, le film de Breitz met en exergue l’influence du personnage ainsi que tous les processus qu’elle utilise – je renvoie pour cela aux analyses du film ci dessus -, soit donc la séduction, la détérioration, la transformation… On voit bien ici un résumé global de tout son jeu de comédienne pour tromper l’autre, la variété des sentiments et des émotions va vraiment en ce sens, donc toute la panoplie qu’elle utilise pour manipuler. Sharon montre le pouvoir, la force de persuasion de Catherine, contre Nick pour le retourner contre Beth et aboutir à l’issue finale tragique connue de tous – et qui permet la destruction de la figure du cercle. Le spectateur entre dans le monde de Catherine, son univers, finalement son film – car tout est joué, mis en scène -, un univers de fantasmes, il passe dans l’autre monde comme Nick, un monde que nous subissons car nous spectateurs, à cause d’elle, nous culpabilisons par moments Beth et voulons croire en son innocence, et que Nick subit, en témoigne le final. Sharon, c’est donc un voyage dans l’univers de Catherine, un passage vers l’autre monde – le spectateur à la place de Nick -, grâce au travail de Candice Breitz.

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