Critique – Carol

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  • Date de sortie : 13 janvier 2016 (1h58)
  • Réalisateur : Todd Haynes
  • Avec : Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler
  • Tous publics (France) -17 ans (États-Unis)
  • Allociné spectateurs : 4.2/5
  • Allociné presse : 4.1/5

Le nouveau film de Todd Haynes, habitué aux mélodrames comme Loin du paradis avec Julianne Moore qui rendait hommage à la filmographie de Douglas Sirk, est un véritable succès artistique pour une grande majorité. Certains disent même que Carol est son meilleur film. Il faut dire que le film possède beaucoup d’atouts pour séduire mais que, malheureusement, ils sont parfois tirés par le bas par quelques maladresses.

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Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d’un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.

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Le scénario, inspiré du livre éponyme de Patricia Highsmith, est malheureusement décevant. Tout d’abord, l’histoire de base est déjà connue : une histoire d’amour entre une modeste employée de grand magasin qui s’exerce à la photographie sans oser à s’en faire sa vocation et une bourgeoise malheureuse qui dispute la garde de sa fille suite à son divorce. De plus, le schéma reste assez habituel : on aura donc droit à une histoire d’amour saphique, des classes sociales différentes et évidemment, une fugue dans l’Amérique, paradoxal puisque sorte de libération pour les deux femmes qui veulent fuir leur routine. Le rythme est donc très linéaire et le scénario s’étire, surtout en deuxième partie – la première restant satisfaisante. La deuxième partie perd beaucoup en intensité et l’intrigue devient longue et surtout assez lente. Malheureusement, le film devient ennuyeux et les personnages secondaires se révèlent plus décevants. Le film n’arrive presque jamais à décoller, ce qui est assez décevant, surtout après tant d’années de travail et de réflexion sur l’histoire par Phyllis Nagy. On aurait, notamment, aimé plus de tensions entre le choix de poursuivre avec cette liaison scandaleuse et celui d’avoir la garde de l’enfant. La profondeur psychologique des personnages reste basse.

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Heureusement, Carol reste un beau mélodrame honorable qui regroupe de très bons atouts. Tout d’abord, la simplicité du film magnifie l’ensemble. La mise en scène est très intéressante et les prises de vue réfléchies et intelligentes. La musique est plutôt convaincante avec des pistes bien travaillées. Filmer les personnages à travers les vitrines, les pare-brises et fenêtres ou même par le grain argentique des photos prises par Therese, magnifie cette passion saphique, en ajoutant notamment de la nostalgie et de la mélancolie, soulignées davantage par une image hivernale très délicate avec une palette de couleurs finement utilisée. La photographie du film s’inscrit dans le sillage des toiles de Hopper, ses atmosphères urbaines, et les photos de William Eggleston, lesquelles soulignent le détachement. On peut aussi noter un superbe plan final assez minutieux, qui réussit à transmettre les émotions ressenties par les actrices. Elles réussissent à ajouter de la profondeur psychologique et du rythme au film. Cate Blanchett et Rooney Mara sont formidables. Cate Blanchett est magistrale et opte pour un jeu de regard très minutieux et superbe, propice à la sensation de frissons. Les expressions de son visage et la maîtrise de la gestuelle sont magnifiques. Le non-dit prime donc aussi dans le film puisque beaucoup de choses se repose sur du non-dit, lequel bénéficie d’un jeu très savoureux des deux actrices. Cate Blanchett a une présence formidable et l’alchimie avec Rooney Mara est excellente, rendant l’attraction irrésistible.

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Malgré un scénario assez décevant, la réalisation rend le film beau et même honorable. L’interprétation est magistrale, les deux actrices forment une superbe relation basée sur un non-dit qui représente tout l’intérêt du film.

  • Réalisation : 7/10
  • Scénario : 2.5/10
  • Casting : 10/10
  • Musique : 7.5/10
  • Ambiance : 6.5/10

Film : 6.5/10

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