Critique – Maggie

11009149_1003278833036932_2562634169430053703_n

  • Date de sortie : 27 mai 2015 (1h35)
  • Réalisateur : Henry Hobson
  • Avec : Arnold Schwarzenegger, Abigail Breslin, Joely Richardson, Laura Cayouette
  • Tous publics (France) – 13 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 2.5/5
  • Allociné presse : 3/5

Je ne suis pas du tout fan des films d’horreur, il n’y a d’ailleurs aucune critique sur ce genre sur le blog. Pourtant, la bande-annonce de Maggie m’a beaucoup surpris et captivé puisque le pari n’était pas de faire véritablement un film d’horreur pur mais de transposer le registre dans celui du drame. Véritable chef-d’oeuvre, la bande-annonce annonçait bien un film triste avec une écriture solide afin de révolutionner le genre. Alors, est-ce que le film s’inscrit bien dans la lignée de sa bande-annonce? La réponse risque de décevoir.

Maggie-1

Alors qu’une terrible pandémie se propage à travers les États-Unis, le gouvernement impose de placer les malades infectés par le virus en quarantaine, où ils se transformeront en zombies, totalement retranchés du monde. Lorsque Maggie, 16 ans, apprend qu’elle a été contaminée, elle s’enfuit. Mais son père, Wade Vogel, est déterminé à la retrouver et à la protéger coûte que coûte, même s’il faut lui affronter les forces de police…

_W5D4212.CR2

Le scénario est assez intelligent et pose le pari de révolutionner le film d’horreur en proposant un drame dans lequel le discours sur l’amour prime. L’idée de départ est donc très intéressante et forme des rapports entre les personnages très intéressants qui rendent le sujet assez beau. La lente dégradation avec la mort au bout de six semaines permet de se focaliser sur les personnages, ce qui peut par moments ennuyer le spectateur malheureusement puisqu’ils sont l’intérêt majeur du film. Les personnages sont aussi intéressants, les principaux – le père et sa fille qui vit un pied dans sa tombe – mais aussi les secondaires qui ne sont pas oubliés. Le désespoir du père est également bien écrit. L’écriture représente bien évidemment la métaphore de beaucoup de choses, en premier celle d’une civilisation en perdition, mais la liste est bien loin d’être finie. Le scénario, à part les quelques petites longueurs, propose un autre défaut, certaines scènes ne vont pas parfois jusqu’au bout de leur idée. Excepté ces petits défauts, Maggie semble donc être la surprise du mois, mais le discours sur l’amour est en total décalage avec la réalisation.

_W5D8808.CR2

La réalisation est catastrophique et gâche littéralement le film. Alors que le film semble vouloir s’attacher sur le rapport entre le père et la fille, il ne le réussit que sur le papier, l’émotion n’est qu’une petite flaque, noyée dans un thriller apocalyptique, or ce n’est pas du tout la volonté du scénario. Le film cherche tout le temps l’émotion mais le réalisateur Henry Hobson ne parvient jamais à la créer. Il décide en effet dans sa réalisation d’enchainer beaucoup d’erreurs de plans ainsi que des cadrages trop serrés. Il n’y a aucun sens ni dans l’enchainement des plans – l’erreur est volontaire – ainsi que dans les choix de cadre, c’est très bordélique. Cette réalisation est bien plus propice pour des thrillers nerveux avec beaucoup d’action, or Maggie est un mélodrame. La réalisation rend le film trop fatiguant avec trop de tensions, et ne créée jamais l’émotion. On éprouve donc le ressenti que le film ne s’assume pas du tout. Nous allons donc débuter la série des conditionnels. Le film aurait dû être émouvant, il ne l’est jamais, c’est un ratage total pour Henry Hobson, très navrante. Henry Hobson s’est trompé de film. Il aurait dû être poétique, poignant, triste, riche en sensibilité. Il ne l’est jamais. Le film devient plat puisqu’il n’y a aucune entente entre l’écriture et la réalisation, et donc aucun aboutissement. L’immense histoire d’amour qu’aurait dû être Maggie est gâchée du début à la fin. Il ne fait jamais couler des larmes, ni même jamais ressentir des émotions. Il fatigue. Cet accompagnement vers la mort aurait dû être très poignant, très bouleversant. Personne n’a pleuré dans la salle. Aucune scène ne délivre ce qu’elle doit délivrer, ne procurant pas l’émotion puisque Henry Hobson se trompe pour toutes les scènes, exceptées peut-être deux, c’est à dire trois minutes sur 1h35, lesquelles sont la rencontre avec la famille transformée et le combat avec les policiers. Il est intéressant de noter qu’il est logique que la deuxième fonctionne assez bien puisque pour une fois dans le film, la réalisation névrotique d’Hobson est propice, dégageant des tensions. Mais, elle aurait dû être la seule scène névrotique du film, la seule. Les acteurs, heureusement, sont plus proches de l’écriture que de la réalisation. 

In this image released by Roadside Attractions, Arnold Schwarzenegger appears in a scene from

Les acteurs sont excellents, Arnold Schwarzenegger en premier bien entendu mais les autres aussi. Schwarzenegger change de registre et propose un jeu très subtil, émouvant avec beaucoup de profondeur. Malheureusement il n’y a pas d’aboutissement réel à cause de la réalisation cauchemardesque. Le rôle est très touchant, cet homme fatigué est très bien interprété. L’acteur opte pour beaucoup de retenu. Abigail Breslin est aussi très convaincante, même si on peut pas s’attacher entièrement à son personnage. Les acteurs secondaires sont tous excellents. La photographie du film est intéressante, elle n’est pas du tout désastreuse à l’image de la réalisation. Le film est grisâtre, l’atmosphère est réussie en général, étouffante, dépressive, pesante. La photographie réussit donc le côté réaliste du film qui aurait dû se joindre à une réalisation émouvante et subtile pour créer des sentiments, mais ce n’est pas le cas.

maggie-film-schwarzenegger-breslin

J’en attendais beaucoup de ce film, la présence de Schwarzenegger l’oblige mais la bande-annonce était aussi très bien montée. Malheureusement, il n’en est rien. Les acteurs sont certes bons mais la réalisation d’Henry Hobson gâche tout le film, le rendant très fatiguant et rendant les émotions impossibles. Elle tire le film dans sa tombe. Quel gâchis !!!!

  • Réalisation : 1/10
  • Scénario : 7/10
  • Casting : 8/10
  • Musique : 4/10
  • Ambiance : 1,5/10

Film : 4/10

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s