Critique et analyse – Le monde ne suffit pas

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  • Date de sortie : 1 décembre 1999 (2h8)
  • Réalisateur : Michael Apted
  • Avec : Pierce Brosnan, Sophie Marceau, Denise Richards, Robert Carlyle, Judi Dench, Desmond Llewelyn, Robbie Coltrane, Colin Salmon
  • Tous publics 
  • Allociné spectateurs : 2.8/5
  • Allociné presse : 3.0/5

Le monde ne suffit pas est un des premiers films que j’ai, très jeune, le premier qui m’a marqué et m’a déjà fait aimé le cinéma. C’était un véritable tournant dans ma vie, et c’est pourquoi j’ai décidé d’en parler avec vous aujourd’hui. Il faut savoir que c’est un James Bond très différent qui se distingue beaucoup des autres opus de la franchise. Dans cette analyse, je montre en quoi ce film est si différent, bien plus sombre que tous les autres opus.

Le magnat du pétrole Sir Robert King est assassiné dans l’enceinte même du bâtiment ultramoderne des services secrets britanniques. James Bond réussit à éliminer l’auteur de l’attentat, une tueuse professionnelle travaillant pour le terroriste international Renard. Craignant que ce dernier ne s’en prenne désormais à la fille de King, Elektra, 007 se charge de la protéger. En Azerbaidjan, où King avait commencé à exploiter un nouveau gisement pétrolifère, l’agent secret retrouve Valentin Zukovski, un ex-agent du KGB devenu mafioso, qui va l’aider dans son enquête.

Le monde ne suffit pas est mis en chantier très rapidement après Demain ne meurt jamais. Commercialement, ce film a bien marché et les producteurs ne veulent surtout pas freiner le rythme des sorties. Ils veulent, comme Pierce Brosnan, un Bond plus profond, plus sombre, plus difficile. Alors que GoldenEye était plutôt dans la lignée des Dalton en proposant une intrigue assez sombre, presque tragique tout en étant moderne, Demain ne meurt jamais mise avant tout sur l’énergie. Peu concerné par les tourments psychologiques de ses personnages, il se concentre sur la volonté de couper le souffle du spectateur. Le monde ne suffit pas se veut par contre plus dur, plus émouvant et met ainsi les personnages au centre et non l’action. C’est une véritable études des personnages. Dès le pré-générique, le scénario enchaîne des évènements tragiques : Bond échappe de peu à la mort, voit un homme assassiné à cause de l’explosion du MI6, n’arrive pas à convaincre la criminelle de la ramener dans son camp puis se blesse. Il n’y qu’un mot pour résumer la situation, c’est l’échec. Rien à voir avec le pré-générique du précédent film, dans lequel Bond réussit à remplir sa mission. Le monde ne suffit pas, le dernier 007 du siècle, se veut donc très intéressant à être étudié.

Le budget est gigantesque : 135 millions de dollars. Il nous prouve que Bond veut quand même garder cet équilibre et ne pas sombrer totalement dans un film à étude psychologique sans action. Bond a toujours le goût du démesuré. Le réalisateur, Michael Apted, est un bon technicien. Il nous le prouve dans l’incroyable poursuite en hors-bord sur la Tamise. Cette scène est impressionnante et constitue l’une des meilleures scènes d’action de la franchise, en mon sens il se classe dans la liste des meilleures scènes d’action du cinéma. Pour une période de 7 jours de tournage, 35 bateaux ont été utilisés. D’ailleurs, Brosnan est très investi, il exécute lui-même une partie des cascades, atteignant 150 km/h. Cette scène est un exemple qui illustre le goût du démesuré et le talent du réalisateur.

La vie, c’est avoir mal : le Bond des échecs

Le scénario est plus ambigu. Il développe les troubles de l’agent secret, et ce à merveille. Les dialogues représentent le véritable atout du scénario, très bien construits. Il est très rare de voir des dialogues aussi bien construits, c’est presque exceptionnel. On peut dire que ce sont les meilleurs dialogues de la franchise. On nous propose une histoire d’amour tragique, une M plus creusée, en clair des difficultés psychologiques dans la lignée de Permis de tuer. Les personnages sont tragiques. Le scénario contribue beaucoup à la noirceur de l’opus, très sombre, comme Permis de tuer ou Quantum of Solace, cependant il est bien plus dépressif que ces derniers, et ce à cause de plusieurs éléments que je vais développer. Le film est noir, tendu, avec une tension continue pendant tout le film. Même la scène du casino, qui généralement est censée détendre le spectateur dans les James Bond est ici tendue : l’environnement est dangereux, menaçant, voire même étouffant puis par la tournure des évènements, Bond pense qu’il perd le contrôle de la situation en quelque sorte en laissant Elektra jouer contre Zukovsky.

Le scénario est abouti. Le récit est complexe dès la première minute. Il est très bien tourné, construit. La construction narrative est excellente et intelligente. On sent qu’il y a eu réflexion auprès des scénaristes qui ont approfondi véritablement le travail d’écriture. Les personnages sont tous très précis et bien développés. La mission que M confie à Bond est originale, c’est du jamais vu. Bond, tel un garde du corps, doit assurer la protection de la fille, Elektra, d’un magnat du pétrole qui vient d’être assassiné. Il s’agit donc d’une immersion au sein du monde du pétrole après celui de la communication. Mais en réalité, il s’agit d’un gigantesque canular, une véritable manipulation totale, que personne ne connaît ni maîtrise. Et c’est Elektra, interprétée brillamment par une Sophie Marceau sensuelle et magistrale, qui est le véritable cerveau de l’opération. L’actrice excelle dans les instants de colère. Elektra, en quelque sorte, représente la figure vengeresse. Pour elle, tous doivent payer pour son passé malheureux, d’abord son père, puis le MI6, c’est à dire M, Bond et plus généralement le monde entier. Les rebondissements narratifs et les relations entre les personnages sont passionnants. Elektra, une des meilleures James Bond Girl, est belle, élégante, distinguée. C’est un personnage unique, une manipulatrice dotée d’une intelligence rare, mais aussi une âme déchirée, rendue folle par l’abandon, notamment à cause de son père. C’est le personnage tragique par excellence, d’ailleurs la première fois qu’elle apparaît dans le film, elle est en noir et assiste à un enterrement. Sa mort est un gâchis, et Renard affirme qu’elle en vaut 10 comme lui, c’est d’ailleurs le seul point auquel M est d’accord avec lui. Tout le monde semble regretter la tournure de ce désastre, M qui a connu son père et n’a pas pu maîtriser la situation, encore plus Bond qui est trahi mais aussi énervé de ne pas avoir agi avant et contemple ainsi son cadavre. Elektra n’est pas seule dans le film, Christmas Jones, interprétée par la fade Denise Richards a aussi une présence significative dans le film, physique plus qu’autre chose. Elle est certes belle, mais elle ne sert à rien. Certains disent que les scénaristes auraient du enlever ce personnage. C’est envisageable mais je pense qu’il aurait été plus futé de la développer d’avantage avec des dialogues supplémentaires.

Bond est obsédé par Elektra. Le processus d’obsession, d’envoûtement mené par elle est majeur dans le film. Telle Sharon Stone dans Basic Instinct mais différemment, Elektra envoûte littéralement Bond qui succombe à ses charmes. Les femmes, elles sont bien le talon d’achille de Bond, sa faiblesse, que ce soit dans GoldenEye où Simonova met sa mission en péril dans le train, dans Casino Royale où Bond est capturé à cause de Vesper ou encore dans Opération Tonnerre, On ne vit que deux fois… Elles peuvent aussi le conduire à la réussite, et la réussite est bien moins rare chez Bond que l’échec. C’est pourquoi Le monde ne suffit pas est un opus si intéressant qui évite les habitudes. Le processus d’envoûtement se déroule en plusieurs étapes. Elle débute indirectement avant même la présence d’Elektra. 007 est ému quand il touche les larmes d’Elektra, on aura jamais vu l’agent secret si triste de voir cette femme meurtrie. Il semble mal à l’aise en sa présence. Lorsqu’il lui avoue ses doutes sur elle, Elektra le gifle. Bond ne cherche même plus à se justifier, il s’arrête et garde ses mots pour lui, presque désolé d’avoir dit de tels propos, même s’il en est plutôt convaincu. Il éprouve aussi beaucoup de respect, on aura jamais vu un Bond aussi respectueux envers une femme. Il la respecte pour ce qu’elle a vécu, enduré. Il attend qu’elle finisse de parler pour qu’il puisse se présenter. Il n’insiste pas trop pour ne pas la contredire. Il est soucieux d’elle, même lorsqu’il s’agit d’argent et non de vie. C’est bien entendu le face à face avec Zukovsky qui l’illustre. Bond est même prêt à donner ses propres conditions pour que le jeu débute. Il donne l’ordre de retirer les trois premières cartes. Mais en réalité, Elektra n’est que calcul, tromperie et volonté de conquête. Forcément, cette réalité comparée à l’idée perçue de Bond, trompé, pose un malaise dans le film. Le spectateur est mal à l’aise. Il a lui aussi été trompé, de plus gravement puisque ce sont ses émotions, ses sentiments qui ont été trompés, tout comme pour Bond. L’heure est grave.

La relation entre Elektra et Renard est assez trouble. Renard est un des méchants les plus émouvants de la saga entière. En train de mourir, il accomplit tout ce qu’il fait pour sa bien aimée. Il sacrifie sa courte vie pour elle.  Renard éprouve une insensibilité corporelle à cause de la destruction progressive de ses nerfs. Il ressent une souffrance morale énorme, par contre physiquement c’est tout le contraire. C’est donc un mélange ingénieux des genres, entre le méchant invulnérable tel Oddjob, le méchant mystérieux et intriguant tel un Red Grant, le fou dangereux à la conquête du monde comme Goldfinger ou Max Zorin ou encore le méchant vengeur, ici il veut se venger pour Elektra, tel un Silva. Renard est un méchant amoureux, il éprouve de la peine. Son incapacité à ressentir la sensualité et à toucher le corps d’Elektra rend triste. Il devient fou lorsqu’il apprend de Bond qu’Elektra est morte puisque tout son accomplissement ne servira à rien. Par rage, il continue d’envoyer le missile. Le combat physique étant impossible à l’avantage de l’ennemi, Bond pense à son talon d’Achille et le frappe au coeur. Les relations sont clairement une belle réussite dans ce film. Il ne s’agit à aucun moment d’un triangle amoureux qu’aurait pu proposer un film à trame classique mais de la question de l’amour violent. On y développe d’ailleurs la notion du syndrome de Stockholm. Les relations d’amour sont barbares : Elektra fait semblant d’être amoureuse de Bond mais finit par se laisser embarquer, charmée, elle est amoureuse de son ravisseur, complice du meurtre de son père. La question de l’amour violent donc, sous fond de grande souffrance psychologique mettant en scène une histoire d’amour impossible.

James Bond est tourmenté. D’ailleurs, le récit a lieu pendant un petit moment en Ecosse, lieu où il a grandi, orphelin. Ce n’est plus celui qui s’amuse avec un petit sourire aux lèvres, pourchassé en voiture dans un parking dans lequel tout explose et qui rigole lorsqu’il utilise les fonctions de sa voiture télécommande en main. Bon, ici, tout explose toujours mais il est moins confiant, absorbé par ses pensées, amoureux puis énervé d’avoir été trahi et surtout de ne pas avoir agi lorsqu’il était encore temps. C’est un tueur froid, l’arme au poing, capable de tuer sans hésitation, comme il l’avait fait pour se venger de la mort de Paris en s’occupant du cas du docteur Kaufmann. Bond tue ses contacts à Bilbao en une poignée de secondes puis compte jusqu’à 3 pour exécuter un autre. Il menace Renard d’une manière colérique, névrotique. Il perd le contrôle, la pression du flux sanguin augmente puis il tente de l’abattre avec un silencieux. Par la suite, il fait une deuxième tentative en tirant dans sa tête, malheureusement une vitre par balle le sépare de lui. L’exécution d’Elektra King reste la plus belle mort de la franchise et représente une des plus belles morts du cinéma. Alors que Timothy Dalton éprouvait une haine profonde mais tout même arrivait à contrôler son mental avec une parfaite maîtrise des nerfs et une voix grave, l’infiltration chez Sanchez le montre dans Permis de tuer, Pierce Brosnan, lui, est un tueur fatigué, instable, à voix tremblante qui perd soudainement la contrôle. Bond fait beaucoup d’erreurs : M tombe dans le piège d’Elektra et entraine avec elle Bond, qui par la suite est envoûté par le personnage. Bond veut croire en Elektra, voulant faire monter le sous-marin, Bond se trompe et l’envoie en profondeur « des erreurs de calcul ». Tout cela aboutit à une confusion des sentiments, une perte totale de repères. Tout de même, il est intéressant de noter que Bond ne se laisse pas submerger par les évènements, une bonne fois pour toutes, dans le pipeline il comprend ses erreurs et décide de passer à l’action en se faisant passer pour mort.

La pièce est tragique. Le passé est la clé du film. Il rend tout le monde névrotique, dépressif : Bond, Elektra, Renard, M, même Q qui doit prendre sa retraite et Zukovsky. La fatalité est omniprésente dans le film. Chaque personnage est l’objet même de sa propre souffrance. Même Zukovsky est trahi par ses employés et finit par mourir, en accomplissant un dernier geste émotif qui restera dans les mémoires qui indique que l’espoir, en quelque sorte, existe toujours, même dans les situations les plus désespérées. Chacun déambule avec ses cicatrices, au sens premier comme au figuré. Les cicatrices physiques tout d’abord. Bond a fait un accident et a l’épaule cassé, il part donc en mission handicapé. La vie est noire, sombre. Elektra a l’ droite coupée, qui rappelle ce qu’elle a dû enduré pour se sortir de situation. Quant à Renard, c’est bien entendu la cicatrice de la balle qui lui rappelle chaque jour le nombre de jours qu’il lui reste encore à vivre. Ce sont donc des personnages physiquement atteints, détruits qui se retrouvent pour se détruire encore plus. Puis des cicatrices morales. C’est bien sûr le kidnapping, le rôle qu’a joué Renard, le père King et le MI6 dans cette histoire et ses conséquences sur le présent, et le futur. En fait, les personnages sont tous cruels, effrayants, ils suscitent le mal, la dépression, presque l’horreur. C’est une mauvaise histoire cruelle que nous racontent au final les scénaristes. Les personnages sont des monstres. Je ne développe pas le cas de Renard, trop évident. Elektra est prête à coucher avec Bond. Pire, elle ira jusqu’à le torturer jusqu’à son dernier souffle. Au lieu de briser son cou, elle veut le garder vivant pour toute la journée jusqu’à ce qu’il voie l’explosion éclater, de même pour M. M, en mère, est une monstre. Elle utilise Elektra pour accéder à Renard et influence son père pour suivre le plan du MI6. Elektra devient un appât. Quant à Bond, il frappe au coeur Renard en lui révélant qu’Elektra est morte. Il vise les sentiments de l’adversaire. Une révélation qui fait de Bond à cet instant un homme cruel, un monstre. Aussi il est intéressant de noter la vision que le film donne sur la vie. Bond est vivant, il a mal, on vient de le dire, alors que Renard, mort, ne ressent pas de douleur. Le duel met en scène Bond, un vivant diminué, fragilisé et Renard, mort mais plein d’énergie et plein de force. C’est une vision assez noire que les scénaristes font de la vie parce que, la vie, c’est avoir mal, c’est souffrir.

La réalisation d’Apted reste mitigée, contrairement au scénario. Nettement, le pré-générique est le meilleur qui soit de la franchise. Il ne s’agit pas de faire une comparaison, les autres pré-génériques sont d’un très non niveau aussi mais celui-ci se distingue très clairement. Il est génial car il enchaine des rebondissements. C’est le seul pré-générique qui a lieu réellement dans deux lieux différents, ce n’est pas comme Les diamants sont éternels qui enchaine très rapidement plusieurs villes, ni comme Vivre ou laisser mourir qui propose différents lieux mais pas de véritable intrigue pour chacune des villes. Ici, on aurait pu arrêter le pré-générique à Bilbao, mais l’action s’enchaine à Londres. Ainsi il devient le plus long pré-générique de la franchise. En un peu plus d’un quart d’heure, des cascades toutes impressionnantes sont exécutées : une fusillade éclate, Bond se jette d’une fenêtre, le MI6 explose, Bond poursuit une tueuse professionnelle qui se termine par un duel dans les airs. La poursuite fluviale est magnifique, une des plus belles du cinéma avec celle de Vivre et laisser mourir. Elle est aussi très ingénieuse avec un rythme qui ne se perd jamais, pourtant elle dure environ six minutes. On retiendra l’incroyable retournement à 360°. De plus la musique de David Arnold est réussie, autant pour les scènes de Bilbao qu’à Londres. Le monde ne suffit pas fait donc pour l’instant de véritables prouesses, sauf que cette scène surpasse considérablement le film. La suite du film se concentrera sur l’étude des personnages avec souvent une réalisation quelque peu négligée pour les scènes d’action, excepté peut-être celle dans l’usine de caviar. Les autres scènes d’action sont réussies mais dans l’ensemble à un niveau inférieur aux autres 007, notamment le précédent. Cela s’explique notamment par une omniprésence de plans fixes. Quel dommage! Pourtant Apted ne choisit les plans fixes que pour les scènes d’action! Alors que dans les scènes de dialogue les plans ne sont pas fixes, les plans pendant les dialogues représentent une véritable prouesse technique. Qu’est-il donc arrivé à Apted? Il faut illustrer le propos pour que les lecteurs comprennent bien. Citons la scène de course poursuite en ski, laquelle dans l’ensemble est réussie, rythmée, mais n’est pas à la hauteur d’un Bond, à cause d’un nombre infini de plans fixes. On se croirait dans une production amateure. On a le droit à un travelling en subjectif qui remplace les ennemis quand ils poursuivent dans la neige Bond. Il aurait fallu oser. En plus, comme je l’ai dit, Apted est capable du meilleur, comme l’illustre la ballade en ski avec Bond et Elektra qui est sublime, magnifiée par une musique splendide et gracieuse. Les scènes de dialogue dans la demeure d’Elektra sont toutes réussies, notamment lorsque Bond revient et la culpabilise, la scène est pleine de tensions. Il y a donc un clivage entre dialogues et scènes d’actions pour lesquelles la réalisation est peu créatives, excepté le pré-générique et peut-être l’usine de caviar. Et pourtant on constate une envie de bien faire les choses, notamment dans la lutte finale.

On termine l’analyse par une petite note sur les personnages récurrents et un peu de technique. D’abord, la présence de Judi Dench, dans le rôle de M, est mémorable. Placée au coeur de l’intrigue, le personnage est vraiment bien développé. Miss Moneypenny apparaît peu, mais échange des répliques assez sympathiques. Et Desmond Llewelyn nous fait ses adieux, très touchants. Le retour de Valentin Zukovsky est un bon point, placé aussi au coeur de l’intrigue, il connaîtra un destin inattendu  et très émouvant. Zukovsky est sûrement un des personnages les plus sympathiques de l’univers bondien, bien qu’il se place dans le milieu de la corruption. Michael Apted nous propose une atmosphère romantique et réussit le pari de l’instaurer intégralement, doucement et langoureusement. La réalisation d’Apted est élégante, les décors sont mis en valeurs, comme les paysages. La photographie devient de plus en plus froide, à mesure que le film avance : lieux grisâtres, le pipeline, l’usine, la tour Léandre, les abords maritimes d’Istanbul, ce qui contribue à la vision pessimiste et froide que portent les scénaristes. Cependant il nous manque le rythme que proposait Campbell, ou encore Spotiswood pour les scènes d’action. A noter une très bonne bande-originale de David Arnold qui propose pour les scènes d’action des pistes musicales très intéressantes et rythmées tout en restant sobre, des pistes de suspense comme la scène du pipeline ou encore pour les scènes plus intimistes, de belles partitions, à l’image du thème d’Elektra. Le monde ne suffit pas est aussi une belle réussite sonore.

Le monde ne suffit pas, hormis que ce soit un des premiers films que j’ai vu, est un film sur la souffrance, physique et morale. C’est un beau récit qui met en scène des personnages tourmentés et tragiques. Ils ont mal et souffrent puisqu’ils vivent. Les acteurs proposent une interprétation très sincère. La réalisation se veut élégante mais tire certaines scènes d’action vers le bas. C’est un James Bond différent, et on peut le dire, unique.

  • Réalisation : 8.5/10
  • Scénario : 10/10
  • Casting : 10/10
  • Musique : 10/10
  • Ambiance : 10/10

Film : 10/10

POUR ALLER PLUS LOIN : Suite de l’analyse

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