Critique – Still Alice

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  • Date de sortie : 18 mars 2015 (1h39)
  • Réalisateur : Richard Glatzer, Wash Westmoreland
  • Avec : Julianne Moore, Alec Baldwin, Kristen Stewart, Kate Bosworth, Hunter Parrish
  • Tous publics (France) -13 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 4.1/5
  • Allociné presse : 3.2/5

Still Alice, le mélodrame qui a permis à Julianne Moore de remporter l’oscar de la meilleure actrice, a été très bien accueilli aux Etats-Unis. Cependant, le succès reste plus mitigé en France, alors le film doit-il rester dans notre mémoire?

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Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est un professeur de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration.

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Le scénario présente beaucoup d’atouts mais aussi des défauts qui présentent le film sous un mauvais jour. Le portrait d’Alice est très bien travaillé et accorde au film une véritable profondeur. Le drame est personnel mais aussi familial. Tous les personnages sont bien travaillés et les rapports entre eux priment dans ce film. Still Alice est véritablement un film sur des personnages et leurs rapports. L’évolution des personnages par rapport à l’effacement de l’héroïne est donc très intéressante à suivre et constitue l’intérêt majeur de l’intrigue. Ce drame familial permet en outre à chacun une identification à l’un des personnages, c’est à dire soit le mari, la fille, le fils, le petit-fils ou l’ami. C’est toute la réussite du film, la maladie dans le contexte familial. Le scénario propose aussi d’autres éléments intéressants, notamment lorsque Alice est face à elle, lorsqu’elle n’était pas encore totalement atteinte de la maladie et qu’elle avait laissé une vidé pour elle-même. Cette scène est très intéressante, en plus d’être originale, et nous touche. L’écriture arrive à nous impressionner, et nous décevoir aussi malheureusement. La déception n’est pas à négliger. Le travail sur les dysfonctionnements quotidiens est assez faible, rendant l’écriture bien trop démonstratif. Le processus de détérioration, qui s’annonçait pourtant intéressante, se veut finalement trop ennuyeux, mal travaillé. L’oubli progressif est ennuyeux puisqu’Alice va, dans chaque scène, oublier quelque chose, c’est donc une répétition de la même structure dans toutes les scènes : oubli des mots, des noms, des adresses, des repères, aboutissant à la perte de l’autonomie. Le scénario, sur ce point, est très décevant. Cette linéarité nous empêche de verser quelques larmes.

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Julianne Moore montre une nouvelle fois son talent immense. Malgré la linéarité du scénario, elle arrive à nous toucher. Ce sont l’incompréhension, la peur, la détresse mais aussi l’intelligence et l’amour du personnage qui la rendent très émouvante. D’une douceur et d’une fragilité très bien dosées, son interprétation, en retenue, forme un bel équilibre réussi, c’est donc une très belle composition artistique honnête qu’elle livre dans Still Alice avec toujours l’existence d’un petit espoir pour s’accrocher aux souvenirs. Le film arrive enfin à nous toucher grâce à Julianne Moore, parfaite. Kristen Stewart propose également un bon jeu qui assez honnête mais qui reste bien perfectible dans certaines scènes. Quoi qu’il en soit, sa symbiose avec Julianne Moore est excellente et constitue un grand atout du film, dans la même lignée que la volonté du scénario sur les rapports entre les personnages. La scène finale se révélera touchante. Par contre, Alec Baldwin, bien que son jeu est honorable par moments, est assez décevant dans ce film, surtout à cause d’une mauvaise direction d’acteur.

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Un film sincère, honnête, réalisé par deux réalisateurs, dont l’un, Richard Glatzer, est décédé prématurément le 10 mars dernier à cause de la maladie de Charcot. Still Alice est une belle leçon d’amour, une belle réflexion sur les derniers instants de conscience d’un être, mais souvent tirée vers le bas à cause d’une linéarité trop ennuyeuse. Le film, on l’oubliera très vite, mais Julianne Moore, elle, restera dans nos mémoires, à jamais.

  • Réalisation : 8/10
  • Scénario : 6/10
  • Casting : 9/10
  • Musique : 7.5/10
  • Ambiance : 8/10

Film : 7.5/10

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