Analyse – Basic Instinct, trois scènes majeures

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Cette deuxième analyse de Basic Instinct permet de mieux comprendre la première (il est vivement conseillé de la lire avant d’aborder cet approfondissement : cliquer ici), dans laquelle on montrait comment le personnage de Sharon Stone arrivait à envoûter Nick. On avait donc mis en exergue un processus fondamental dans ce film, celui de l’envoûtement, causé par plusieurs facteurs, causant à son tour de multiples conséquences pour le personnage de Nick. Il est donc maintenant intéressant d’analyser le travail concret du réalisateur, Paul Verhoeven, pour mener à bien ce processus. Les scènes les plus intéressantes du fillm ne sont donc en aucun point les quelques scènes torrides mais celles dans lesquelles le processus est bien visible, on en choisira trois : la première rencontre, la scène du duel chez Catherine puis la scène dans l’appartement de Nick, qui reçoit le livre.

La première rencontre

Cette scène est fondamentale dans l’intrigue puisque les deux personnages principaux se rencontrent, et elle est loin d’être anodine. Nick et Gus se rendent pour la première fois chez Catherine pour l’interroger. Cette scène de rencontrer permet d’indiquer d’entrée de jeu que la prise de contrôle est faite par Catherine Tramell. La caméra de Paul Verhoeven, habile, distribue d’emblée les rôles. En caméra subjective, celle-ci s’éloigne des branches de l’arbre pour dévoiler une femme, telle une apparition. On a donc d’emblée un élément presque surnaturel, elle apparaît devant les vagues, aux yeux des policiers. La musique de Goldsmith participe à ce dévoilement en insistant sur l’apparition du personnage. Elle est de dos, regarde les vagues, on l’appelle : elle se retourne. Il est intéressant de noter le jeu de lumière sur ses cheveux qui la rendent éblouissante, comme un éclat. Détachée du fond, Catherine Tramell est magnifiée par cette lumière. Elle se retourne donc et sourit, le sourire remplace la réponse, puis elle jette sa cigarette. Elle ignore presque la présence des deux agents et préfère contempler les vagues. Plan en plongée,Nick et Gus s’approchent d’elle. Ils sont deux et sont debout. On film alors Catherine en plongée et en vue subjective, celle des deux policiers. Ce sont donc les deux policiers qui, théoriquement, doivent la dominer. Pourtant, c’est bien elle qui domine en les arrêtant immédiatement «je sais qui vous êtes». C’est donc un plan très spécial, qui laisse croire que Nick et Gus contrôlent la situation. Ce n’est pas du tout la réalité. Le champ contre champ qui suit est plus classique, même s’il est intéressant de noter que Nick et Gus sont dans le même plan, et pourtant ils n’arrivent pas à prendre le contrôle. La caméra recommence ensuite son petit jeu. Elle est cette fois-ci au même niveau que Catherine, on la voit bien regarder vers le haut, ce qui pourrait laisser croire qu’elle est contrôlée par l’autre. De plus, elle occupe tout le plan, elle est assise confortablement, on rappelle que les deux policiers sont en territoire inconnue, un territoire qui appartient à Catherine. Bien évidemment, le jeu de Sharon Stone, très posé, contribue à la domination de son personnage. S’ensuit un classique champ contre champ, presque en vue subjective. Nick et Gus ne sont plus dans le même plan, chacun ressent une impression, un sentiment différent, ce qui montre aussi la force de Catherine qui a réussi a séparé les deux personnages. L’arrière plan du plan dans lequel se trouve Catherine concerne la maison, celui du plan dans lequel se situe Gus est composé d’une partie d’arbres puis d’une autre de la mer, alors que Nick se situe devant la mer. Il est perdu dans la vastitude de l’arrière d’écran, signe qui montre qu’il est déjà fasciné par Catherine et qu’il commence à perdre le contrôle. Gus, lui, est plus prudent. On filme Nick et Gus ensemble mais Nick sort du cadre, il y a donc bien une différence entre les deux personnages qui ne pensent pas de la même façon. Il la rejoint pour un contre-champ qui donne l’impression d’un défi, les deux personnages se défient jusqu’à ce que Catherine décide de terminer, «j’ai plus envie de parler», elle domine la situation. Gus essaie de résister mais c’est peu efficace, puisque Catherine le bloque également. Elle déstabilise tout le monde, à un point que Nick et Gus ne savent plus quoi faire. Nick regarde Gus qui lui lance un regard furtif à son tour. Elle parle : «foutez-moi le camp d’ici». Gus regarde Nick qui regarde à son tour Catherine. Nullement inquiète, Catherine continue dans sa lancée et joue même sur la pitié : «s’il vous plaît», prenant presque le rôle de la victime, qui a été dérangée. D’emblée de jeu, c’est Catherine qui a le contrôle et qui domine les deux autres personnages, qui sont mal à l’aise et déstabilisés, malgré des tentatives de résistance plus ou moins efficaces.

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Sens des images en colonne

Le duel chez Catherine Tramell

Pour moi, cette scène est la plus intéressante du film. Nick retourne chez Catherine pour l’interroger. C’est une très scène primordiale, véritable transition pour la suite de l’intrigue. Le reflet des vagues sur la baie vitrée de la maison de Catherine laisse penser à ce que le récit devienne encore plus trouble et que la relation entre les deux personnage se complexifie encore plus. Nick a d’ailleurs du mal à voir clair et est clairement surpris par l’ouverture de la porte, à relever bien évidemment le geste de Michael Douglas, qui ne voit pas du tout venir Sharon Stone, alors qu’il la cherchait. La surprise est prononcée par les notes de Goldsmith. «Salut» lui lance t’elle, n’a t’il pas encore prononcé un mot qu’elle le provoque déjà. Souriante, elle l’invite à entrer. Le regard soupçonneux de Nick nous intrigue, surtout que la curiosité est accentuée encore une fois par les notes de Goldsmith. Catherine se retourne et constate avec plaisir qu’il est tombé dans son jeu, un jeu qui va l’aider à le mettre non seulement mal à l’aise, d’emblée, mais aussi à le dominer. Paul Verhoeven nous indique d’ailleurs que c’est bien Catherine qui est à la base de cette machination, en la plaçant tout juste à gauche du cadre, c’est à dire à l’endroit même où le sens de lecture débute. En caméra subjective, on regarde tous ces journaux, le spectateur peut ressentir de la crainte, la même que Nick. La musique de Goldsmith et le jeu sur les ombres renforcent le mal à l’aise du plan, qui ne finit d’ailleurs presque pas à tourner, nous donnant en plus un sentiment de vertige. Paul Verhoeven nous identifie donc au personnage de Nick en quelque sorte, qui manifeste une défiance envers elle, le spectateur est impressionné, dominé par la présence de Catherine qui jette un coup d’oeil malicieux furtif vers la caméra. Lorsqu’ils montent, on observe une nouvelle fois les vagues de l’océan, qui nous rappellent définitivement le trajet de voiture fait par Nick au début du film, celui qui l’a mené dans ce monde idyllique, plein de fantasmes, celui du rêve en somme. Toutefois, les deux personnages sont en duel dans cette pièce, dans laquelle il va avoir lieu très prochainement une confrontation, marquée symboliquement par la traversée de lumière bleue sur le carrelage. Dans le plan suivant, la première chose que l’on voit grâce au sens de lecture est le pic à glace, le MacGuffin du film, le motif véritable qui explique la présence de Nick ici. Il est intéressant de relever aussi une Catherine Tramell magnifiée par la lumière charmeuse et ensoleillée. Décidément, en utilisant le motif, c’est bien dans son piège, ce processus d’envoûtement, que Catherine veut emmener Nick. Dès qu’il entend le motif, il se retourne, c’est un son d’alerte pour lui. Dans cette logique, c’est un gros plan qu’opte Verhoeven pour indiquer que c’est bien ce motif qui interpelle Nick, intéressé par les coups de pic à glace, c’est ce qui l’intéresse véritablement. C’est donc un motif très cher pour lui, très important à ses yeux, qui d’un autre côté peut semer le trouble puisque Catherine l’invite justement à mener l’enquête et aborder le sujet. C’est bien elle qui domine et lance le duel. Avant même que le duel commence, on se rend compte que le plan de Catherine fonctionne à merveille, encore une fois. Nick confirme son intérêt tout d’abord, «vous avez une aversion particulière pour les glaçons». Il est bien attiré, placé dans le plan juste derrière elle, en arrière plan. La réaction de Catherine, le sourire, montre sa satisfaction mais aussi l’envie de jouer au jeu qui l’amuse d’un autre côté. Elle joue le jeu et s’en amuse totalement. Nick progresse, il est seul dans le plan, pour la première fois à cet étage. Il est confiant et veut s’amuser aussi, pour analyser les limites de l’autre. En acceptant de répondre à sa question, il confirme vouloir jouer le jeu, un moyen aussi pour lui d’aboutir à ses propres questions et à un niveau d’analyse de Catherine pour avancer dans son enquête. Cheveux magnifiés par la lumière ensoleillée, Catherine se révèle comme un éclat, en vue subjective, on pense vite que Nick éprouve aussi une forme d’attirance envers elle. Elle se permet d’aller plus loin et lance définitivement la provocation : «quel effet ça fait de tuer?». En plans séparés, le ton de Nick devient plus grave. Catherine mène la danse. Sur le plan suivant, Verhoeven, ou plutôt DeBont, remet en valeur le visage de Sharon Stone mais avec cette fois-ci des ombres très marquées qui coupent les traits du personnage et rendent le personnage totalement ambigu. On voit bien que la subtilité du plan est grandiose, voici comment Catherine Tramell, en quelques secondes, est rendue inquiétante, trouble, cachée du regard de Nick, en arrière plan, qui bénéficie d’une lumière franche. Le décor moins lumineux, par rapport aux autres plans, suggère le rapport de force entre les deux personnages, qui sont mis au centre de l’action dans ce plan. Nick choisit de répondre, et il répond par la justification, signe de faiblesse. C’est le flic qui se justifie, qui se défens auprès de la suspecte. Le dialogue peut paraître anodin mais il est en fait révélateur de la situation, qui est anormale, non usuelle. Catherine Tramell joue le rôle du flic, c’est elle le procureur qui démontre l’absurde et l’invraisemblance de la réponse de Nick. Ses cheveux ensoleillés la rendant sensuelle se mettent en contraste avec son visage plus sombre, signe de provocation. Nick continue de se défendre, le besoin de justification pour lui est nécessaire, expliqué sûrement par l’accusation trop rapide de la majorité. Catherine la regarde dans les yeux, elle paraît donc totalement franche avec un besoin d’éclaircissement, un regard qui lui permet de rendre aussi Nick mal à l’aise et de dominer. Son refus se réponse accroît le mal à l’aise, on ne sait pas si elle accepte la réponse de Nick face au meurtre, on peut penser aussi que ce refus de réponse montre qu’elle considère les justifications de Nick complètement ridicules. Le rôle s’inverse enfin, c’est au tour de Nick de vouloir dominer. Sa tentative débute à fonctionner, surtout qu’elle peut commencer aussi à mettre Catherine mal à l’aise. Le plan suivant montre le regard e Nick, qui traduit la fascination qu’il éprouve envers elle. Le jeu de ping-pong continue, avec la balle qui rebondit dans le camp de Catherine grâce au gros plan mais aussi au début de la musique qui réveille le spectateur, le rappelant bien qu’il assiste à un duel. Nouvelle provocation de la part de Catherine, «n’est-ce pas flingueur» discrédit en premier lieu Nick mais l’humilie, alors qu’il est censé mener une enquête. Elle le regarde et s’attend à ce qu’il se retourne suite à sa provocation. Il est intéressé par ce qu’elle dit et se rend compte qu’il est en train de perdre tout le contrôle, n’arrivant plus à maîtriser la situation. Le sort est jeté. D’ailleurs, le travelling avant de Verhoeven accompagne le mouvement de Catherine, la caméra est de son côté, c’est bien elle qui domine la scène. Le gros plan sur Nick est constitué en partie de couleurs froides, en arrière plan mais aussi le reflet bleuté sur la joue gauche de Nick. Ces couleurs traduisent bien sa situation : malaise, perte de contrôle, instable. A l’inverse, pour Catherine, ce sont les couleurs chaudes qui rayonnent, notamment par cette source chaleureuse provenant de la gauche. DeBont rappelle l’ambigüité du personnage avec l’ombre sur le visage. Il est aussi intéressant de noter, qu’à l’inverse des yeux de Nick, les yeux de Catherine, eux, bénéficient parfaitement de l’application de la règle des tiers en étant placés sur le premier point fort, mettant en valeur les yeux bleus fascinants et troublants de Catherine Tramell qui séduisent Nick et le mettent mal à l’aise. Les couleurs confirment donc la position de Catherine. Maintenant analyste des actes de Nick et même psychologue, elle est en train de l’aider, ce qui est très grave pour lui, totalement discrédité, perdant toute sa position. D’ailleurs, Michael Douglas propose une très belle prestation, fasciné par elle, mal à l’aise, il ne sait plus quoi faire, il est même surpris puisqu’on constate un vide de quelques secondes, une absence de parole. Catherine enchaîne, «dites-le moi», elle est maintenant à son écoute, psychologue, prête à entendre toutes ses réponses, ses confessions pour l’aider, cette proposition d’aide peut le mettre encore plus mal à l’aise. Elle s’approche, le contact devient intime, Catherine l’invite à la séduire, le processus d’envoûtement, ici par la séduction, atteint presque son apogée. Et il y succombe puisqu’il approche sa bouche pour un futur possible baiser. Totalement envoûté, il revient à la réalité avec un «rien», un ton vide de conviction, c’est bien les lèvres de Catherine qui retiennent toute son attention,  même si sa petite voix lui dit de résister. Catherine continue, elle trouve des preuves pour le discréditer totalement. Elle pose sa main sur Nick, ce qui provoque une réaction spontanée de Nick qui essaie de résister, une résistance agressive qui témoigne de sa perte de contrôle. C’est un tour de force, accentué par les mouvements brusques de la caméra. La réaction amuse Catherine qui s’agrippe à lui, le plan serré confirme le rapprochement des deux personnages. La musique accentue le suspense et la tension. Le deuxième mouvement brusque confirme la perte de contrôle de Nick, pleinement charmé par la femme qui se présente à ses bras. Le rapprochement des bouches désigne le désir d’un baiser, Nick est véritablement tombé amoureux. Cependant la tentative de résistance de Nick le pousse à bout, il souhaite l’embrasser mais essaie de résister pour garder une forme de dignité. La seule manière pour lui pour ne pas l’embrasser est de passer par la force : il la pousse pour l’éloigner de lui. Son cri de rage amuse Catherine, dont les yeux se retrouvent une nouvelle sur le premier point fort, traduisant sa satisfaction personnelle, celle d’avoir envoûter Nick, à jamais. Roxy arrive, raccord sur les yeux pour que Catherine quitte les bras de Nick, laissé seul pour ceux de Roxy. Elles se trouvent maintenant dans le même plan, ensemble, alors que Nick est laissé seul, une nouvelle provocation de la part de Catherine pour relancer Nick.

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Nick invite Catherine chez lui

Nick rentre chez lui, la caméra subjective montre Catherine, assise seule en bas de l’appartement de Nick, elle est donc omniprésente dans cette ville, et surtout dans le quotidien de Nick. C’est donc avec une certaine logique qu’elle l’aborde en premier. Lors d’un champ-contrechamp classique, Nick lui déclare son amitié puis l’invite à monter. Il est certes attiré par elle mais il veut aussi mieux la comprendre pour progresser dans son enquête. Dès l’entrée, Catherine se positionne devant elle, une manière de montrer sa position dominante. Elle entre dans l’appartement de Nick comme si c’était chez elle, curieuse de voir dans quel univers il vit. De plus, on a même droit à une critique de l’appartement. Suit ensuite un gros plan sur le glaçon, le motif va revenir, on le sait, c’est ce qui intéresse Nick et ce qui amuse Catherine. La caméra est d’ailleurs insistante, comme le montre le mouvement brusque vers le tiroir de la cuisine. On voit brièvement Nick prendre le motif, le MacGuffin, c’est à dire le pic à glace. D’ailleurs, Nick raconte une blague pour mettre à l’aise Catherine et lui faire comprendre qu’elle est là pour qu’il puisse mener à bien son enquête. En gros plan, on montre les coups de pic à glace de Nick, des coups qui s’interrompent lorsque Catherine prend sa main, alors la musique, inquiétante, démarre. «Je crois que vous devriez me laisser faire», Verhoeven propose un autre gros plan sur Nick pour voir sa réaction, inquiète, le regard est plus grave, mis instinctivement en contraste avec la blague et l’anecdote triviale de Nick sur le coût. Il se retire pour laisser place à Catherine, qui exécute donc la même action que chez elle, lorsque Nick était venu lui poser quelques questions. Elle s’approprie donc l’appartement, la prise de possession est flagrante et est comprise dans le processus d’envoûtement, un processus qui entraîne une détérioration de Nick, qui est en train de prendre Catherine comme modèle. Soupçonné de meurtre il y a peu, il confirme sa détérioration en fumant et buvant devant elle. La vue objective sur les coups de pic à glace de Catherine montrent la focalisation de Nick sur le motif. Catherine confirme à Nick sa détérioration, un signe qui indique à Nick la position dominante de Catherine, qui avait tout prévu. Il lui donne sa propre cigarette, ce sont donc dans cette pièce deux personnages identiques qui exécutent les mêmes actions. Nick est bien entré dans le monde de Catherine et y subit des conséquences graves. Paul Verhoeven accentue en mettant les deux personnages dans le même plan, rapprochés. Ensuite, le processus d’appropriation continue puisque Catherine, comme chez elle, prépare le verre de Nick, qui est véritablement l’invité et non l’hôte. Il est d’ailleurs, comme dans le plan chez Catherine, en arrière plan, derrière elle, elle préparant le verre. Elle enchaîne par la suite deux provocations, en désignant Nick tout d’abord par «flingueur» puis par son surnom, elle ironise aussi en disant «mes amis m’appellent Catherine», une ironie qui ajoute de la curiosité envers le personnage. Elle répète ainsi les mêmes mots que Nick, pour lui confirmer qu’ils sont identiques, ce sont maintenant deux personnages qui vivent de la même manière, réunissant un grand nombre de points communs. Le travelling avant en direction de Catherine la magnifie, la caméra se situe de son côté, Nick est seul et doit s’avancer, ce qui affirme une prise de possession véritable de la part de Catherine. Elle lui donne un ordre qu’il exécute à moitié, il y a toujours cette petite forme de résistance qui provient de son inconscient. Le gros plan sur le livre permet de désigner l’autre nom de Catherine Tramell et de noter le caractère sanglant du récit. Le gros plan sur Nick montre sa réaction, Nick est inquiété suite aux révélations de Catherine à propos du récit puisque le livre est en mesure de prouver qu’elle est véritablement la meurtrière. La musique devient inquiétante et s’arrête lors de la réponse de Catherine, «non», après un petit moment de silence pendant lequel Catherine s’amusait du suspense qu’elle instaurait elle-même. Ainsi, elle dépose son livre dans l’appartement de Nick, une autre trace dans qui infecte encore plus l’univers de Nick. C’est donc à petites doses qu’elle agit. Alors qu’ils sont en train de quitter, Nick répète les mêmes mots de Catherine. La prise de possession et le processus d’envoûtement ont bien fonctionné, Nick a été infecté par Catherine. Nick est en train de devenir Catherine. Les escaliers, renvoyant à Vertigo, presque en vue subjective, donnent le vertige, un vertige qui traduit le basculement de Nick vers le mauvais monde.

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Tous ces processus rendent Nick totalement obsédé par Catherine, il doit faire un choix crucial dans sa vie : rester avec Elizabeth et prouver que Catherine est la meurtrière ou bien, envoûté par cette dernière, vivre avec elle et éliminer Elizabeth. En effet, comme expliqué dans la première analyse, Nick doit éliminer l’une des deux femmes pour rester avec l’autre, ce qui donne la figure du cercle : Nick est mobilisé au centre, l’élimination d’une des deux femmes lui permet d’être confondu au même point avec Catherine et donc de vivre ensemble avec elle. Il est intéressant de noter qu’Elizabeth et Catherine, mises en contraste pendant tout le film (noir/blanc) ne seront jamais ensemble dans une même scène mais s’opposent totalement avec Nick comme intermédiaire. Donc, si l’une doit bouger dans le périmètre du cercle, l’autre avancera aussi dans le même sens pour une même distance. Je profite de cette deuxième analyse pour créer une infographie claire et nette, qui sera publiée dans l’autre analyse aussi.

© infographie créée par Keyvan Sheikhalishahi

© infographie créée par Keyvan Sheikhalishahi

POUR ALLER PLUS LOIN : Suite de l’analyse

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