Dossier – San Francisco dans les films

San Francisco est une des villes les plus pittoresques des Etats-Unis, représenté très souvent au cinéma. Pourquoi tant de cinéastes tiennent-ils à filmer dans cette ville? San Francisco est une des seules villes qui suscite l’intrigue et sous-entend le mystère, l’énigme. La ville se compose d’une belle mosaïque de décors très variés : le port, la baie, les dédales de rues, les belles maisons, les collines environnantes. On retrouve aussi la Silicon Valley au sud de la ville, qui héberge un nombre important d’entreprises de renommée mondiale et au nord, la Napa Valley, connue pour le vin. L’intérêt pour la ville est renforcée par le fait qu’il s’agit aussi d’une zone à risque sismique élevé du fait de la présence de la faille de San Andreas. Cette dernière traverse la région de la baie de San Francisco du nord au sud. La ville déborde de symboles qui servent souvent de décors dans les films. On peut citer le Golden Gate, l’île et ancienne prison d’Alcatraz, la Transamerica Pyramid, la Coit Tower, les cables car. C’est véritablement un très grand foyer culturel, économique et touristique.

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1. San Francisco, ville intrigante et mystérieuse au profit des films de suspense

San Francisco est une ville intrigante. Les rues vallonnées empêchent de voir l’action se dérouler au bout de la rue. C’est une presqu’île liée par plusieurs pont à des collines environnantes qui surplombent sa baie. Pendant l’été et au début de l’automne, des nappes de brouillard se forment dans certains quartiers de la ville. Véritablement, la ville est mystérieuse et ce climat est utilisé à souhait dans les films de suspense, accompagné souvent d’une touche érotique, de fraîcheur rendue par la baie. Hitchcock, dans Sueurs froides, invite le personnage principal à résoudre un énigme dans cette ville. Les rues vertigineuses de la ville rendent le sentiment de malaise et de vertige de James Stewart encore plus trouble, un sentiment renforcé par les eaux troubles qui bordent la ville. La ville culturelle est aussi montrée dans ce film, par le fameux portrait de Carlotta, objet d’obsession de Madeleine. Hitchcock réussit à instaurer une atmosphère mystérieuse unique grâce au climat de la ville. Une atmosphère quelque peu reprise par Paul Verhoeven dans Basic Instinct. Le film, très ambigüe, complexe, trouble utilise à souhait cette atmosphère mystérieuse et insiste plus sur l’érotisme. A l’image des rues de la ville, le film fait perdre la tête au spectateur, se focalisant sur une étude troublante sur la manipulation, le désir et le contrôle avec des personnages très mystérieux, à plusieurs facettes. C’est dans cette atmosphère que Catherine Tramell arrive à déjouer les stratégies de la police, à dominer par l’esprit, le corps, le savoir et le sexe. Nick Curran est clairement entrainé dans un processus d’envoutement, malgré divers tentations de contrôle. Les longs plans vertigineux de Verhoeven contribuent à rendre le climat du film plus mystérieux et susciter l’intrigue, comme celui du plan sur l’escalier chez Nick. En filmant la route vers la demeure de Catherine Tramell, Verhoeven filme dans cette ville un passage vers l’irréel, un monde de fantasmes. Les films de suspense à énigme qui se déroulent à San Francisco ne s’arrêtent certainement pas à ses deux films clés. Citons d’ailleurs un autre film avec Michael Douglas, qui joue un homme millionnaire héritier de l’empire financier de son père à l’image de Catherine Tramell, qui insiste beaucoup sur la duplicité des personnages, renforçant ainsi la mystériosité de l’intrigue. Le film est une énigme à résoudre, en plaçant les morceaux du puzzle au bon endroit. Dans cette ville vertigineuse, le personnage joue à un jeu dangereux, un jeu qui le transforme en tant que cible à abattre. Enfin, Complot de famille de Hitchcock joue aussi sur la duplicité des personnages qui forment deux couples, qui portent un masque. Certains éléments sont mystérieux, telle la perruque dans le frigo. Le premier couple est constitué de deux escrocs, ils jouent un rôle, dissimulent des vérités, à l’image du deuxième couple, des voleurs. Ce sont deux duos de mystificateurs, ils sont tous faux : le faux joaillier, le faux gentil, la fausse blonde, la fausse grande, la fausse muette, la fausse voyante, la fausse voix, le faux avocat, l’acteur. C’est aussi dans les rues sinueuses, perdues dans les collines environnantes, qu’on perd le contrôle de la voiture.

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Sueurs froides, Hitchcock / Basic Instinct, Verhoeven

2. San Francisco, le lieu de l’action

Le dédale des rues vallonnées et les rues sinueuses des collines environnantes, sans oublier les nombreux ponts, offrent beaucoup de possibilités pour des courses-poursuites intéressantes. Une des plus intéressantes du cinéma se déroule notamment à San Francisco, celle de Bullitt. La ville est d’abord considérée comme un mythe par le film, qui n’hésite pas à montrer tous ses symboles : le tramway, les rues vallonnées, la baie. La course-poursuite du film, de 10 minutes, est très célèbre puisqu’elle est très réaliste. La séquence joue sur les effets de surprises que peuvent offrir la ville, notamment par ses rues vallonnées qui servent de tremplin. Le procédé d’apparition/disparition sur chaque plan accentue la tension. Le film devient un incontournable des films policiers, il incarne véritablement une époque et donne un nouveau tournant pour Hollywood. Les films qui mettent en scène le célèbre Harry Callahan voient alors le jour. Détective peu orthodoxe, le personnage interprété par Clint Eastwood poursuit les tueurs et autres gangsters de la ville. L’inspecteur Harry mène une belle exploration de la ville, depuis le panorama du haut des toits au début ou la poursuite démarrée à la Marina green qui continue dans le métro, le parc aquatique et Davidson Park. Le Golden Gate est utilisé dans une séquence silencieuse et mortuaire. San Francisco devient alors véritablement la ville du policier.  Des séries TV voient le jour, comme Les rues de San Francisco avec Michael Douglas. Naissent alors des films policiers à touche comique, comme le diptyque 48 heures ou Le flic de San Francisco, tous les trois avec Eddie Murphy dans le rôle principal. La ville est véritablement utilisée pour des scènes d’actions, plus ou moins spectaculaires, et possède un côté plus léger, que l’on retrouvera dans d’autres genres. Un des symboles de la ville, la prison d’Alcatraz, est utilisée dans un très grand nombre de films, on peut citer Le prisonnier d’Alcatraz avec Burt Lancaster ou L’évadé d’Alcatraz avec Clint Eastwood. San Francisco, c’est aussi la ville de la vengeance avec Le point de non retour de Boorman.

Bullitt, Yates / L'inspecteur Harry, Siegel / 48 heures, Hill / Le flic de San Francisco, Carter

Bullitt, Yates / L’inspecteur Harry, Siegel / 48 heures, Hill / Le flic de San Francisco, Carter

3. San Francisco, un côté plus léger pour les comédies familiales et romantiques

Avant de parler des blockbusters, il faut aborder un côté plus léger qu’offre la ville, après le côté mystérieux, intriguant, trouble des films de suspense et le côté plus sec, terre à terre des films policier. Citons bien entendu en premier lieu une comédie culte, qui fait rire toujours, Madame Doubtfire. Il est très intéressant de noter qu’il s’agit encore une fois de duplicité, de rôle mais tourné véritablement sous un angle plus léger, plus comique. Le film est un divertissement familial, à l’image de séries TV très légères qui ont posé comme cadre cette ville. San Francisco serait-il donc la ville parfaite? C’est en tout cas dans cette ville que pose comme cadre la comédie romantique d’Adam Shankman, très légère, Un mariage trop parfait avec Jenifer Lopez et Matthew McConaughey. C’est dans les rues se San Francisco que Mary rencontre l’homme qu’il aimera plus tard. C’est dans cette ville aux couleurs chaudes, vives, dominées par le blanc, qu’on retrouve sans surprise le motif du mariage, blanc, dans le Golden Gate Park, lieu somptueux, blanc et vert. Ces comédies romantiques insistent sur la vie de la ville au premier sens du terme, en montrant véritablement toute la palette de couleurs de la ville. Des couleurs bien rendues aussi par le plus récent Blue Jasmine de Woody Allen avec Cate Blanchett. On voit bien donc que San Francisco représente toute une palette de climats et d’atmosphères possibles qui contribuent chacun à un genre de film. Pour l’instant, on a le film de suspense, le plus important à mes yeux, avec une atmosphère mystérieuse, intrigante, puis les films policiers plus terre à terre et maintenant les comédies romantiques plus légères, familiales. Il nous reste plus qu’à développer un dernier genre de film, important, celui des blockbusters.

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Mrs Doubtfire, Columbus / Un mariage trop parfait, Shankman

4. San Francisco, au profit des blockbusters

Après les derniers films d’action évoqués en deuxième partie, on atteint l’apogée de l’action à San Francisco avec Rock qui réunit Sean Connery, Nicolas Cage et Ed Harris, mettant en scène une des meilleures course-poursuites au cinéma à San Francisco puis la prison d’Alcatraz qui permet de rendre la deuxième partie du film telle un semi huis-clos. Rock sort quelques années après Dangereusement vôtre qui accorde une bonne partie de l’intrigue à San Francisco et insiste autant sur le foyer économique de la Silicon Valley que la beauté des paysages. Le film joue aussi sur la sismicité de la zone, évoquant la faille de San Andreas qui risque d’exploser pour renverser les valeurs économiques à échelle mondiale. Plus imposant et plus musclé, ce James Bond utilise du «passé» cinématographique de la ville et de la région de Californie pour devenir véritablement un blockbuster, sans compter l’inoubliable scène ultime sur le Golden Gate Bridge, sous fond de musique magistrale de John Barry. Les cascades sont nombreuses, de purs moments de sadisme, sous fond d’ambiance catastrophe. C’est véritablement à partir de ce film, qui en tant qu’un James Bond, a bénéficié d’une campagne de marketing énorme avec des affiches montrant les héros sur le Golden Gate Bridge, que San Francisco est devenu la ville des blockbusters et ce, jusqu’à nos jours. On peut citer comme exemple La planète des singes qui utilise à souhait le premier symbole de la ville, le pont mais aussi le prochain Terminator qui laisse apparaître dans sa bande-annonce des moments de bravoure sur le Golden Gate Bridge. Il faut bien avouer que San Francisco est toujours à la mode! Et oui, comme Catherine Tramell, la ville «suit le courant».

Rock, Bay / Dangereusement vôtre, Glen

Rock, Bay / Dangereusement vôtre, Glen

Photos :

« Palace of Fine Arts SF CA », Wikimedia commons (commons.wikipedia.org)

« Coit Tower July 2007 », Wikimedia commons (commons.wikipedia.org)

« Transamerica Pyramid Tower, San Francisco », Wikimedia commons (commons.wikipedia.org)

« San Francisco City Hall 2 », Wikimedia commons (commons.wikipedia.org)

« Golden Gate Bridge 1926 », Wikimedia commons (commons.wikipedia.org)

« SF California Street USA », Wikimedia commons (commons.wikipedia.org)

« Alcatraz Island 1, SF, CA », Wikimedia commons (commons.wikipedia.org)

« San Francisco houses », Four seasons at home (fourseasonsathomeblog.com)

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