Critique – Imitation Game

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  • Date de sortie : 28 janvier 2015 (1h54)
  • Réalisateur : Morten Tyldum
  • Avec : Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode, Mark Strong, Rory Kinnear
  • Tous publics (France) – 13 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 3.5/5
  • Allociné presse : 4.3/5

Imitation Game convainc grâce à un dynamisme exceptionnel, ce qui est rare pour un biopic dramatique. Intelligent, le film traite un sujet intéressant qu’est l’origine de l’informatique et bénéficie de plusieurs composantes toutes réfléchies qui contribuent à la richesse et au dynamisme de l’oeuvre.

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1940, Alan Turing, mathématicien et cryptologue, est chargé par le gouvernement britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable. Un défi fou pour ce génie, qui doit alors apprendre à travailler en équipe qui entre dans une lutte acharnée contre le temps.

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Le scénario est intelligent et contribue au dynamisme du film. Il développe deux intrigues – et n’oublie pas des rebondissements intéressants en dernière partie – dont aucune ne sert d’enrobage, qui sont très bien développées et se complètent à merveille, formant un tout. Le premier, c’est l’énigme de la machine, qu’il faut construire vite pour casser Enigma et le second, c’est aussi un mystère, celui sur l’homme, Alan Turing. Il y a donc deux énigmes en jeu dans ce film qu’il faut résoudre. Le film devient une énigme, un casse-tête à résoudre. Le scénario souligne l’importance du travail en équipe et ne néglige aucun personnage, tous les personnages sont bien travaillés, même secondaires. Cependant, on aurait peut-être aimé que l’intrigue se concentre quelques minutes sur le développement et la construction de cette fameuse machine, ne s’attardant presque jamais sur les mathématiques, qui représente tout de même la première énigme. Par contre, le portrait intime de l’homme est très bien développé. Pour bien étudier le personnage d’Alan Turing, le scénario se concentre sur trois périodes – l’histoire est l’étude d’un sujet quelconque en fonction du temps qui passe, c’est exactement ce qu’on a ici – que sont l’avant, le pendant et l’après. L’étude du personnage en fonction du temps et de manière non chronologique permet d’instaurer un mouvement tout au long du film. La trame psychologique, au final, se révèle plus complexe que la trame de la machine, peu développée, et devient même l’essentiel, accompagnée d’une petite touche d’humour bienvenue.

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L’interprétation est merveilleuse. Le rôle de Benedict Cumberbatch s’approche quelque peu de celui de Sherlock Holmes dans la série éponyme, Sherlock. Tout en nuances, il développe les bons tons et les bons gestes, son jeu se révèle très surprenant. Il interprète à merveille cet homme ingénieux, mélancolique, marqué par son passé. On sent très bien sa souffrance, son mal-être et l’incapacité de décrypter les autres. Face à lui, ou plutôt à côté, Keira Knightley, qui depuis quelques temps, se montre merveilleuse. L’actrice était géniale dans New York Melody l’an dernier, elle ajoute encore plus de fraicheur et de dynamisme ici. Elle montre véritablement son talent, immense. Il ne faut pas pour autant oublier tous les seconds rôles, qui grâce à un scénario qui ne les oublie pas, composent un jeu très honorable.

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La réalisation de Mortem Tyldum est réussie même si techniquement, on aurait pu avoir encore mieux. Elle est certes imparfaite mais selon moi, susciter l’attention du spectateur pendant deux heures pour un tel film, cela est révélateur d’un grand talent et surtout d’une intelligence. L’utilisation d’images d’archive, pour une fois, est réussie. A noter aussi que le montage est rigoureux. Parlons aussi de la musique d’Alexandre Desplat, très bon compositeur qui est toujours très subtile et fin. Ici, sa composition est peut-être moins intéressante que dans d’autres films qu’il a composés. Les pistes sonores qu’il propose restent très intéressantes, même si ce travail aurait pu être encore plus approfondi.

Film incontournable en ce début d’année, Imitation Game est un film dynamique et intelligent qui décrypte merveilleusement bien les origines de l’informatique. Il bénéficie d’une interprétation brillante, d’un scénario et une réalisation intelligents.

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3 commentaires

  1. le cinema avec un grand A · avril 22, 2015

    Un biopic très intéressant avec un réalisateur norvégien à suivre et un Benedict Cumberbatch en grande forme. Un petit budget minutieusement utilisé.

    J'aime

  2. Pingback: IMITATION GAME (sortie dvd) | Vanessa
  3. Pingback: 2015 au cinéma : Blockbusters Wars | Fenêtre sur écran

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