Critique – A most violent year

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  • Date de sortie : 31 décembre 2014 (2h5)
  • Réalisateur : J.C. Chandor
  • Avec : Oscar Isaac, Jessica Chastain, David Oyelowo, Alessandro Nivola, Albert Brooks
  • Tous publics (France) – 17 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 3.8/5
  • Allociné presse : 4.1/5

Sorti le 31 décembre alors qu’il est d’une noirceur totale, A most violent year aime les défis, comme le prouve son réalisateur J.C. Chandon qui, en trois films, parcourent trois genres différents. Très élégant, ce thriller réunit des acteurs exceptionnels, une réalisation intelligente et un scénario réfléchi.

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New York, 1981. L’année la plus violente qu’ait connut la ville. C’est à ce moment qu’un immigré, Abel Morales, tente de se faire une place dans le business du pétrole. Son ambition se heurte à la corruption, la violence galopante et à la dépravation de l’époque qui menacent de détruire tout ce que lui et sa famille ont pu construire.

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Polar noir, le film peint le contraste entre le rêve américain du personnage et la réalité du milieu de la pègre. Le scénario se concentre uniquement sur une histoire, il débute ainsi avec le début de cette histoire et se termine par sa fin, ce qui peut expliquer une petite sensation d’inachevé et donc une légère déception pour la fin. Il développe de grands thèmes comme la conquête, la réussite, la violence et la morale. Les personnages  sont très complexes et très bien travaillés, ils progressent dans un univers corrompu à toutes les échelles. Abel Morales, plein d’humanité, veut rester le plus droit possible, honnête à tout prix, alors que tout son entourage l’invite à se corrompre lui aussi. Rongé par l’ambition, il doit faire le choix entre le bien et le mal. C’est justement ce basculement, entre le bien et le mal, qui présente tout l’intérêt du film, le spectateur se demandera tout au long du film si ce basculement aura lieu ou non. Le personnage d’Anna Morales est encore plus complexe, présentant plusieurs facettes, autant très émotive et soucieuse que complètement déjantée, entre partenaire redoutable et adversaire intime de son mari. Les personnages sont très bien approfondis. Le scénario propose aussi une galerie de personnages secondaires intéressante.

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L’interprétation des acteurs est magistrale. Ils sont intelligents, fascinants et interprètent avec beaucoup de talent les personnages. On ressent vraiment une très belle symbiose entre Oscar Isaac et Jessica Chastain, une nouvelle fois bluffante. Les deux acteurs avaient fait leurs études ensemble à New York et n’avaient jamais tourné ensemble. Oscar Isaac est parfait et très brillant. Quant à Jessica Chastain, elle propose une interprétation inédite, très précise et envoutante, elle se place ainsi parmi les meilleures interprétations de l’année. Elle joue très bien la complexité de son personnage et exploite à merveille ses différentes facettes, développant avec brio l’ambiguïté de cette femme. Remarquable! La réalisation est intelligente et propose de beaux plans, de magnifiques cadrages. Le rythme est calme et délibérément lent, c’est très rare qu’un rythme délibérément lent soit prenant, ici c’est presque le cas. Le réalisateur arrive à ne pas nous ennuyer, et avec ce rythme, c’est preuve d’un talent immense. Mais le rythme est bien trop uniforme sur la durée malheureusement. Heureusement ce rythme sera quelques minutes remis à la hausse par une scène d’action remarquable qu’est une poursuite formidable. La musique du film est convaincante même si elle n’est pas tant une nouveauté. L’univers du film est bien travaillé et l’atmosphère est réussie, proposant une image de grande qualité. Elle plonge le spectateur dans le stress et permet une immersion totale.

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A most violent year est un film riche, plein de qualités, le premier étant une interprétation magistrale de la part de deux acteurs fascinants. Thriller élégant, sobre et bien maîtrisé, la réussite provient aussi de l’immersion totale du spectateur, permise grâce à une technique bien travaillée.

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3 commentaires

  1. Benjamin · février 20, 2015

    Film magnifique ! Et quel enjeu pour l’entrepreneur pétrolier immigré que de vouloir, finalement coûte que coûte et en dépit d’idéaux « naïfs », parvenir à réaliser le rêve américain.

    Aimé par 1 personne

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