Dossier – Les parties du corps au cinéma

Beaucoup d’idées de mise en scène au cinéma se basent sur des parties du corps. Du cinéma muet aux récents blockbusters, l’objectif de ce dossier n’est pas de citer tous les films dans lesquels s’impliquent fortement les parties du corps mais d’essayer de trouver ces idées de mise en scène, plus ou moins utilisées, plus ou moins originales, et de les classer. Nous citerons donc tout type de films pour faire comprendre l’importance d’une réflexion de la part du réalisateur pour la mise en scène des parties du corps au cinéma. Chaque paragraphe s’organise sur une des parties. Nous développerons dans ce dossier les mains, la bouche, les yeux, les pieds, les cheveux et enfin la moustache.

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Toutes les parties du corps, ou presque, dans une seule scène : la douche de Psychose – Hitchcock

Les mains… On les retrouve partout au cinéma, dans la plus grande majorité des films. Tout d’abord, et c’est une évidence, on en voit beaucoup car les personnages en ont, mais il arrive aussi qu’ils n’en aient pas comme dans Vivre et laisser mourir ou bien Edward aux mains d’argent. Dans la plupart des cas, les mains représentent de véritables idées de mise en scène ingénieuses, originales et parfois, aussi, clichés. Les mains, contrairement à d’autres parties de notre corps, peuvent traduire presque toutes les émotions des personnages, tout ce qu’ils ressentent.  La main est capable de joindre une autre pour la sauver notamment, on retrouve cette situation très souvent lorsqu’un personnage tombe d’une falaise ou d’un toit. La main est alors le seul lien qui existe entre le héros et le personnage à sauver, suit un gros plan sur la main avec la tension et le suspens à leur comble, le spectateur se demande si la force d’une unique main sera suffisante. La main peut sauver l’individu, le héros montre alors sa puissance comme dans La Mort aux trousses, dans Batman Begins, l’opus suivant The Dark Knight dans lequel Rachel Dawes tend sa main afin que Batman puisse la sauver ou même dans Quantum of Salace où il s’agit pour James Bond de s’agripper à Camille afin de bénéficier de son parachute, une idée déjà traitée dans Fantômes avec Louis de Funès et Jean Marais. Ces mains peuvent aussi se séparer, ce qui traduit les adieux. Dans beaucoup de films, sur les quais de la gare, le personnage retient la main du voyageur, toujours assis côté fenêtre, jusqu’à ce que le train parte. La main peut caresser, exprimant de l’amitié, de l’affection ou de l’amour. Les caresses sont multiples : le dos, le genou comme dans A bout de souffle, la joue, le ventre et même plus comme le fait la main de Naomi Watts vers la fin de Mulholland drive. Plus original, la main peut être sucée, on retient tous cette magnifique scène de Casino Royale sous la douche dans laquelle Eva Green se laisse sucer les doigts par Daniel Craig. On retrouve souvent les mains dans les génériques de films qui mettent en scène des mains en action, des mains qui font une action habituelle le plus souvent caractéristique du personnage comme au début de Blow Out. Ceci accroit le suspens et force le spectateur à s’interroger sur l’identité du personnage, qu’il comprendra plus tard peut-être grâce à sa main, comme dans un des épisodes de la série Columbo, dans laquelle le meurtrier prépare son crime futur. On peut citer aussi Les Innocents avec Deborah Kerr qui prie, le film s’ouvre sur sa prière et ses mains. Plus inquiétante, la main peut cacher comme dans Les Enchaînés qui met en scène Ingrid Bergman qui cache une clé ou même dans Marnie, Marnie qui cache une autre clé ou encore dans L’Inconnu du Nord-Express où il s’agit d’un briquet qu’on essaie de dissimuler jusqu’à le reposer sur les lieux du crime. La main peut donc trahir, comme le prouve le début de Casino Royale à Madagascar. La main peut devenir furieuse et exprimer un état de stress maximal comme le traduit le ballon de Tuer n’est pas jouer éclaté par des mains furieuses de Timothy Dalton. La main peut battre, s’investir dans un combat comme le duel à mains nues dans la cuisine de la résidence de Whitney Houston dans Bodyguard. La main peut appeler au secours comme Sally dans Blow Out, Margot dans Le Crime était presque parfait ou même Marion dans Psychose. Pire, la main peut être synonyme de meurtre. Elle peut étrangler comme dans La Corde, Le crime était presque parfait avec des cordes, dans Blow Out avec une montre, dans Tuer n’est pas jouer avec des fils de baladeur mp3. La main peut tuer avec un couteau à cran d’arrêt comme dans le pré-générique de Vivre et laisser mourir en Louisiane ou encore avec un couteau dans Psychose ou plus récemment dans The Dark Knight, Skyfall ou encore un pic à glace comme dans Basic Instinct. Elle peut utiliser des armes à feu, plus ou moins originales, un revolver comme dans La Maison du docteur Edwardes, un walther PPK l’arme fétiche de James Bond ou plus originale, une machine à tuer comme dans Pour une poignée de dollars ou No country for old men. Elle peut aussi amener une boisson empoisonnée, du lait tout simplement dans Soupçons de Hitchcock. La main peut être synonyme de mort, une main qui se laisse tomber montre un corps sans vie. On voit donc bien que la main peut faire beaucoup de choses, autant belles que moches, il n’y a pas de limite mais la plus belle utilisation de la main dans les films reste sûrement en tant que langage universel. La main peut être utilisée pour communiquer avec une malentendante comme dans Les Enfants du silence, un animal comme dans Danse avec les loups ou même un monstre, tel E.T. dans le film éponyme de Spielberg. Les possibilités sont donc immenses pour la main, elle peut même être un élément de comédie comme le témoigne la troisième main artificielle de Louis de Funès dans Fantômas. Les mains peuvent même raconter une histoire comme le fait si bien Robert Mitchum dans La Nuit du chasseur dans une scène mémorable du film.

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La Nuit du chasseur, Charles Laughton / La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock / Blow Out, Brian De Palma (3 et 6) / Tuer n’est pas jouer, John Glen (4 et 8) / La Maison du docteur Edwardes, Alfred Hitchcock / Le Crime était presque parfait, Alfred Hitchcock / Les Enfants du silence, Randa Haines

Comme la main, la bouche peut représenter un élément essentiel dans les films et est utilisée très souvent dans les éléments de mise en scène, dans une majorité de films. La bouche a toujours eu sa place au cinéma, depuis les premiers films muets jouant par exemple comme un élément comique dans les Laurel et Hardy jusqu’aux blockbusters récents comme The Dark knight et la bouche défigurée du Joker. Généralement, la bouche représente la parole, un gros plan sur la bouche signifie l’importance des mots dans le récit, comme pendant l’interrogatoire de Jane dans Mr Brooks ou pendant une confession de Kim Novack à Kirk Douglas dans Les Liaisons secrètes ou encore pendant un sentiment rieur lors de l’ouverture de Thomas Crown avec Pierce Brosnan. On retrouve en effet à plusieurs reprises des gros plans sur la bouche, notamment en train de manger comme dans Il était une fois la révolution ou Complot de famille, de boire aussi, boire et cracher comme dans Mulholland Drive même s’il ne s’agit pas d’un gros plan dans ce cas. La bouche peut jouer un rôle de traducteur pour le public comme le témoigne le subterfuge intelligent d’Octobre rouge. La bouche peut être un élément majeur dans des films de suspens et d’horreur, on connaît tous le gros plan mémorable d’Hitchcock sur la bouche de Janet Leigh dans Psychose lorsqu’elle pousse un cri. La bouche peut donc exprimer la peur, elle pousse aussi un cri comme dans Blow Out lors de la scène ultime. Plus rare, la bouche peut représenter une arme atroce, celle du docteur Lecter dans Le Silence des agneaux dont l’affiche cache la bouche du personnage. La bouche inerte représente aussi la mort du personnage comme dans un plan insolite de Frenzy. Mais la bouche se révèle aussi sensuelle, il s’agit alors d’une question érotique lors d’une partie d’échecs sous fond de tension sexuelle dans L’Affaire Thomas Crown, il s’agira alors d’un simple jeu de plans sur la bouche de Faye Dunaway et le regard de Steve  McQueen pour surgir une invitation troublante. Cette séquence aboutira en effet à un long baiser d’une minute. Le baiser est toujours présent au cinéma, on aime embrasser, depuis les classiques Casablanca ou Autant en emporte le vent jusqu’aux films des années 90 comme Titanic en passant par les  animations Disney. Vous l’aurez compris, le baiser est toujours présent, au début, au milieu ou à la fin du film, un seul ou plusieurs, c’est une scène stéréotype que le public attend et surtout, aime. Alors, il peut y avoir plusieurs composantes pour le baiser. D’abord, qui? Généralement un homme et une femme comme dans Love Story, deux femmes dans Mulholland Drive ou même deux hommes, une femme et deux hommes, un homme et deux femmes, plus intriguant avec un enfant comme dans Birth avec Nicole Kidman et même avec un fantôme comme dans Ghost. Mais tous les envies de baisers ne se concrétisent pas, certains sont voulus mais ratés comme celui fantasmé par Kirk Douglas dans L’Arrangement de Kazan. Ensuite, le baiser, oui, mais où? Sur la bouche mais pas seulement : sur le front, sur la joue ou la main. Le baiser peut aussi être amené de manière inattendue comme le montre le baiser gourmand de l’animation La Belle et le clochard. Le baiser peut avoir lieu sous la pluie, Match point, ou à l’envers et sous la pluie comme dans Spider Man. Certaines idées de mise en scène sur le baiser sont très ingénieuses et rendent parfois la scène mythique et inoubliable, notamment dans le premier volet des aventures de Indiana Jones, accompagné d’une musique grandiose. Dans les films de Hitchcock aussi, le baiser passionnel de Vertigo, le baiser comique dans Les Enchainés ou encore l’inoubliable baiser dans Fenêtre sur cours passé au ralenti. Certains films se contentent même que du baiser comme Kiss de Andy Warhol ou bien Le Baiser de Pascale Ferran.

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Mr Brooks, Bruce A. Evans / Thomas Crown, John McTiernan / Le Silence des agneaux, Jonathan Demme / Frenzy, Alfred Hitchcock / L’Affaire Thomas Crown, Norman Jewison / Autant en emporte le vent, Victor Fleming / Mulholland Drive, David Lynch / La Belle et le clochard, Disney / Spider-Man, Sam Raimi / Les Aventuriers de l’arche perdue, Steven Spielberg / Vertigo, Alfred Hitchcock / Fenêtre sur cours, Alfred Hitchcock

La mise en scène consacre beaucoup d’importance aux yeux dans les films. Les plus grands acteurs utilisent leurs yeux pour communiquer et délivrer leurs émotions, leurs sentiments. Parler avec ses yeux au cinéma est signe d’un très grand talent. On retrouve les yeux un peu partout dans le cinéma. Ils permettent de distinguer certains personnages, de les rendre reconnaissables grâce à leurs yeux comme l’insiste tellement Tonino Valerii dans Mon nom est personne avec les yeux bleus de Terence Hill. Les yeux peuvent être plus inquiétants parfois et toujours signe de reconnaissance comme ceux du Chiffre dans Casino Royale, qui pleure des larmes de sang. Parce qu’au cinéma, on pleure aussi beaucoup, l’importance des yeux est significatif lors de ces scènes, parfois déchirantes, comme le final de Sur la route de Madison avec une Meryl Streep bouleversante. Certains personnages n’ont qu’un seul oeil comme celui de Tom Cruise dans Walkyrie ou bien le méchant incarné par Adolfo Celi dans Opération Tonnerre, ou alors certains sont aveugles, on retiendra la magnifique et remarquable prestation d’Audrey Hepburn dans Seule dans la nuit, un film dans lequel la place des yeux est primordiale. On peut retrouver parfois des personnages qui perdent la vue d’un oeil pendant le récit comme Kirk Douglas dans Les Vikings ou bien la lune dans Le Voyage dans la lune de Méliès. D’autres sont encore nés comme cela, tel Bob dans Monstres & Cie. Certains yeux sont artificiels comme dans 2001 ou encore dans James Bond contre le Dr No et son fameux et terrorisant dragon. Les yeux peuvent être utilisés dans des situations plus inquiétantes, ils peuvent signifier la mort comme ceux de Janet Leigh dans Psychose, ils peuvent apparaître lors d’un cauchemar, en quantité numérique importante, comme dans celui de Gregory Peck dans La Maison du docteur Edwardes, les yeux peuvent hypnotiser au cinéma comme ceux du serpent Kaa dans Le Livre de la jungle. Par ailleurs, on retrouve souvent l’oeil dans les génériques de films, Vertigo, Répulsion, le mémorable générique de L’affaire Thomas Crown dans lequel le regard annonce le film en split screen ou encore dans ceux de nombreux James Bond, notamment GoldenEye et Skyfall. Un gros plan sur l’oeil peut signifier l’apparition imminente d’un flash-back, le passé triste de Charles Bronson lors du duel final de Il était une fois l’ouest. En parlant de western et de Leone, parlons aussi tout de suite du duel final mythique de Le Bon, la brute le truand qui se repose sur une succession de plans mémorables sur les yeux des trois protagonistes et qui se révèle être le plus beau duel de l’histoire du cinéma. Comme cité en début de paragraphe, certains acteurs communiquent essentiellement avec leurs yeux, j’ai cité Audrey Hepburn, on peut aussi ajouter Eva Green, ayant perdu la parole dans The Salvation, western sorti récemment. Mais les yeux portent aussi, et ce souvent dans les films, des lunettes. Parfois, elles sont de toutes les couleurs, parfois mythiques comme dans Huit et demie lors de la fameuse rencontre entre Mastroianni et Cardinale. On distingue lunette de soleil et lunette de vue. On peut débuter par les lunettes de soleil, portées pour être en phase avec la mode comme Audrey Hepburn dans Diamants sur canapés ou pour cacher, une blessure par exemple, dans Terminator ou d’un choix comme Faye Dunaway dans L’Affaire Thomas Crown. Les lunettes de soleil sont synonyme de fuite, elles sont souvent portées par les cambrioleurs comme Brigitte Nielsen dans Le Flic de Beverly Hills 2, les fugitifs en portent : Steve McQueen dans L’Affaire Thomas Crown, Cary Grant dans La Mort aux trousses à la gare. Les lunettes de soleil peuvent être portées pour se déguiser et ne pas être repéré comme l’essaie Audrey Hepburn dans sa filature quelque peu maladroite dans Charade. Les lunettes de soleil permettent de beaux reflets, on se souvient tous des reflets du crime dans L’Inconnu de Nord-Express ou encore dans A bout de souffle. Il y a donc beaucoup de possibilités, encore une fois, pour les lunettes de soleil. Le champ de possibilités s’élargit encore plus pour les lunettes de vue. Elles sont souvent portées par des intellectuels, comme l’avocat interprété par Gregory Peck dans Le Silence des ombres, l’écrivain joué par Woody Allen dans Harry dans tous ses états ou encore le procureur de JFK, Kevin Costner. Mais les lunettes peuvent aussi être un signe de fragilité, notamment lorsqu’elles sont écrasées comme dans Snake Eyes par exemple. Les lunettes démarquent aussi un changement psychologique, un changement de facette de personnage. On retrouve cette idée dans Le Prisonnier d’Alcatraz avec Burt Lancaster ou Mr Brooks, Kevin Costner enlève ses lunettes lorsqu’il décide de tuer alors qu’il est un mari exemplaire et homme d’affaires ambitieux, portant des lunettes qui symbolisent son entreprise. Plus connu, on retrouve l’idée dans Spider Man ou encore Superman. Plus original, les lunettes peuvent être des gadgets dans beaucoup films d’espionnage, ils filment dans Mission Impossible, prennent des photos dans Dangereusement vôtre, explosent ou envoient des rayons X dans Le Monde ne suffit pas. L’utilisation des lunettes peut donc être très variée.

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Mon nom est personne, Tonino Valerii / Casino Royale, Martin Campbell / Sur la route de Madison, Clint Eastwood / Opération Tonnerre, Terence Young / Seule dans la nuit, Terence Young / Monstres & Cie, Pete Docter / La Maison du docteur Edwardes, Alfred Hitchcock / GoldenEye, Martin Campbell / Le Bon, la brute et le truand, Sergio Leone / Huit et demi, Federico Fellini / L’Affaire Thomas Crown, Norman Jewison / La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock / JFK, Oliver Stone / Du silence et des ombres, Robert Mulligan / Le Monde ne suffit pas, Michael Apted

Tout comme la main, la bouche ou les yeux, on retrouve aussi à beaucoup de reprises des plans sur les pieds, en général des plans très insolites. Mais avant de déboucher sur l’insolite, le classique. En effet, généralement, les pieds marquent l’avancement d’un personnage qui peut annoncer un évènement à venir, comme une rencontre. Cet avancement retarde la présentation des personnage et intensifie le suspens, créant un effet de surprise parfois. On retrouve cet exemple dans L’Inconnu du Nord-Express. Aussi les chaussures peuvent définir un personnage, le côté déjanté et insolite de Robert Walker dans L’Inconnu du Nord Express une nouvelle fois, la classe de Sean Connery dans Goldfinger, dans ce film la chaussure donne l’avantage à James Bond en cachant un émetteur de localisation dans la semelle, ou encore la distraction et la loufoquerie de Pierre Richard dans Le Grand blond. La chaussure peut aussi intervenir dans la rencontre amoureuse habilement mise en scène dans Arrête moi si tu peux. Toujours classique, la chaussure peut représenter une course comme dans Les Chaussons rouges et sa course folle mythique. La chaussure peut aussi être un élément de mise en scène dans des situations inattendues comme l’hésitation de Catherine Deneuve dans Belle de jour. Elle peut apparaître dans le générique du film, notamment dans Footloose dont les chaussures ont rendu le générique culte. Mais la chaussure peut aussi être menaçante, armée d’une lame tranchante et empoisonnée dans Bons baisers de Russie, idée reprise dans Salt. Certains personnages se font même marcher sur le visage comme dans Ténèbres d’Argento. On retrouve aussi au cinéma à plusieurs reprises non seulement des traces de pas mais aussi le bruit de pas, élément majeur dans certains films. Le bruit des pas résonnant dans le final émouvant de Vacances romaines insiste sur la solitude du personnage de Gregory Peck ou encore la motivation sans faille de Lee Marvin dans Le Point de non retour. Mais les pieds peuvent aussi être nus, certains réalisateurs adorent des plans de pieds nus comme Tarantino , notamment dans Boulevard de la mort par exemple ou même lorsqu’il joue, dans le film réalisé par Rodriguez Une nuit en enfer notamment. On retrouve dans ce film et plein d’autres le fétichisme attribué aux pieds, des pieds qui caressent dans Le Mépris ou encore des pieds nus de Dustin Hoffman dans Le Lauréat. Sean Connery est un peu plus rude dans Opération Tonnerre. On retrouve aussi les pieds nus dans d’autres contextes, pour marquer l’inquiétude par exemple au début de En quatrième vitesse ou bien des pieds qui marquent la domination féminine comme dans Les Dix commandements avec Charlton Heston et Anne Baxter.

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L’Inconnu du Nord-Express, Alfred Hitchcock / Bons baisers de Russie, Terence Young / Vacances romaines, William Wyler / Le Point de non retour, John Boorman / Opération Tonnerre, Terence Young / En quatrième vitesse, Robert Aldrich

Les idées de mise en scène pour les cheveux peuvent aussi être très nombreuses, avec les cheveux presque tout est possible. Ils peuvent être rasés, courts, moyens ou longs, rouges, jaunes, bleus comme dans La Vie d’Adèle ou même verts comme dans The Dark knight. Comme dans ces deux exemples, les cheveux représentent souvent un personnage et parfois deviennent même son emblème. Toutes les possibilités sont possibles, toutes les coupes, des plus classiques comme celle de Clark Gable très bien peigné dans Autant en emporte le vent aux déjantées comme les coupes en brosse d’Easerhead, ou alors coupé au millimètre près pour définir la singularité du personnage comme celui de Javier Bardem dans No country for old men ou encore la coupe blonde de Brigitte Nielsen dans Le Flic de Beverly Hills 2 qui fait d’elle une androgyne. Certaines coupes sont même devenues mythiques, on retient le chignon de Kim Novack dans Vertigo, qui joue un rôle majeur dans l’intrigue, ce qui signifie que les cheveux ont une véritable place dans le récit. Les cheveux peuvent jouer un rôle essentiel dans la mise en scène d’une scène comique comme le gel loufoque de Cameron Diaz dans Mary à tout prix, le sèche cheveux incontrôlable d’un Woody Allen gaffeur dans Tombe les filles et tais toi ou encore la scène du barbier du Dictateur de Charlie Chaplin sous la musique classique et entraînante Danse Hongroise. On retrouve aussi beaucoup de caresses au cinéma, liées aux cheveux comme dans La Mort aux trousses. Une photographie qui éclaire des cheveux, notamment blonds, peut magnifier le personnage, le rendre brillant comme les cheveux de Sharon Stone lors de sa rencontre avec Michael Douglas, au bord de la plage, dans Basic Instinct. Au cinéma, on se coiffe aussi beaucoup, il y a de multiples exemples, d’abord un classique comme John Travolta devant son miroir dans La Fièvre du samedi soir puis l’original comme la séance de coiffure dans Edward aux mains d’argent. Dans les films, le changement d’apparence capillaire est très utilisé et signifie beaucoup de choses, très variées les unes que les autres. Un agent secret en couverture peut changer de coupe pour une mission d’infiltration comme Sean Connery dans On ne vit que deux fois, en visite au Japon. Mais c’est surtout le changement de couleur qui est répété au cinéma, signe de culpabilité, comme dans Marnie de Hitchcock ou plus récemment dans Mulholland Drive ou Salt. Notons d’ailleurs que les films mettent souvent en scène deux femmes qui ont deux couleurs de cheveux différentes, ce qui installe un clivage net, dans Vertigo, Mulholland Drive, Lost Highway et dans beaucoup de James Bond. Certains personnages font recours à la perruque pour prendre l’allure d’une autre personne ou ne pas être reconnu, quoi qu’il en soit dans Police spéciale ou Opération Tonnerre les deux ouvertures de films font immédiatement perdre la perruque. Dans Les Diamants sont éternels, il s’agit de ne pas être reconnaissable, dans Pretty Woman pour se rendre plus attirante, enfin dans E.T. la perruque est mise pour un but comique. Les cheveux peuvent traduire le temps qui passe, généralement pour un prisonnier après l’affichage du titre x ans après, comme dans Meurs un autre jour dans lequel un espion est retenu en Corée ou encore un autre prisonnier, dans Le Masque de Zorro. Généralement peu comique, certains réalisateurs mettent en scène le rasage comme dans A armes égales avec Demi Moore ou encore sous forme de succession dans Full Metal Jacket, le rasage peut aussi avoir un but comique comme dans Le Loup de Wall Street. Enfin, les cheveux peuvent donner sens à autre chose, la mort, comme celle mémorable, en eaux troubles, de Shelley Winters dans La Nuit du chasseur.

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La Vie d’Adèle, Abdellatif Kechiche / The Dark knight, Christopher Nolan / No country for old men, Joel et Ethan Coen / Le Flic de Beverly Hills 2, Tony Scott / Vertigo, Hitchcock / Mary à tout prix, Bobby et Peter Farrelly / Le Dictateur, Charlie Chaplin / Basic Instinct, Paul Verhoeven / La Fièvre du samedi soir, John Badham / Salt, Phillip Noyce / Mulholland Drive, David Lynch / Pretty woman, Garry Marshall / E.T. l’extra-terrestre, Steven Spielberg / Le Masque de Zorro, Martin Campbell / La Nuit du chasseur, Charles Laughton

Enfin, consacrons quelques lignes à la moustache au cinéma, qu’elle soit fine dans The Artist ou bien bouclée dans Hook, égyptienne avec Omar Sharif ou anglaise avec David Niven. La moustache permet de rendre le personnage viril comme Clark Gable dans Autant en emporte le vent, Sean Connery dans Octobre rouge ou Rock, mais n’évoquons pas l’exemple de Zardoz. La moustache est portée par de nombreux méchants, c’est même devenu un stéréotype de mise en scène, comme l’ignoble Montero dans Le Masque de Zorro, celle de Marlon Brando dans Le Parrain, de Sam le pirate, du général Mapache dans La Horde sauvage, de Christopher Lee alias Fu Manchu, d’Alan Rickman dans Piège de Cristal ou encore de John Travolta dans L’Attaque du métro 123. Mais la moustache est portée aussi par beaucoup de comiques, indissociable pour Charlie Chaplin ou encore Groucho Marx auquel rendra hommage plus tard Woody Allen. On peut citer aussi la scène des bains turcs hilarante grâce à la moustache de La Grande vadrouille. La moustache peut être postiche, porté par un espion en infiltration comme Roger Moore dans le pré-générique d’Octopussy. Plus original, elle peut être portée par une femme, comme Jeanne Moreau dans Jules et Jim. Et pour finir, citons la mosaïque de moustaches présente dans The Grand Budapest Hotel.

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The Artist, Michel Hazanavicius / Hook ou la Revanche du capitaine Crochet, Steven Spielberg / Lawrence d’Arabie, David Lean / Rock, Michael Bay / Le Masque de Zorro, Martin Campbell / Le Parrain, Francis Ford Coppola / Le Masque de Fu-Manchu, Don Sharp / Die Hard, John McTiernan / L’Attaque du métro 123, Tony Scott / Groucho Marx / The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson (11 et 12)

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