Critique – The November Man

  • Date de sortie : 29 octobre 2014 (1h48)
  • Réalisateur : Roger Donaldson
  • Avec : Pierce Brosnan, Olga Kurylenko, Luke Bracey, Eliza Taylor
  • Tous publics (France) – 17 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 3.2/5
  • Allociné presse : 2.7/5
Pierce is back! Grand acteur très magnétique, c’est avec grand plaisir de le retrouver dans un film d’espionnage. Prestance incroyable, jeu très personnel attachant, un acteur qui a marqué le cinéma à jamais… Alors, quels sont les atouts de November Man ?
Il n’y a pas pire ennemi que celui que l’on a formé. Peter Deveraux est un ex-agent de la CIA réputé pour sa redoutable efficacité et un passé trouble. Contacté pour assurer la protection d’Alice Fournier, responsable d’un centre d’accueil pour réfugiés, dont le témoignage pourrait compromettre l’un des favoris à l’élection présidentielle russe, Devereaux comprend rapidement qu’il a été manipulé et qu’il est devenu la cible de son ancien élève, David Mason… 
Le scénario est au point mais il aurait pu être encore mieux travaillé, élaboré. Il faut dire qu’il ne brille pas par son originalité, l’ensemble reste très classique, du déjà-vu, mais si proposé sous un autre angle. L’intrigue est un peu faible mais elle est tout de même bien gérée. Le problème avec ce genre de films, c’est qu’ils proposent tous des scénarios faibles en comptant seulement sur le casting. C’est une grosse erreur! On doit quand même se rendre compte qu’il y a un réel souci concernant tous ces films-là. Surtout que lorsque le scénario est faible, obligatoirement la réalisation est moins épanouie. Ici on nous propose quand même une grande intrigue de fond avec des conspirations complexes. Mais attention, il ne suffit pas de faire compliqué pour faire un semblant de bon scénario, ici on ne comprend parfois même pas certains éléments du récit. Mais l’ensemble reste meilleur par rapport aux autres films puisqu’il y a quand même de la complexité, et c’est mieux que rien. Un dernier défaut concernant le scénario, celui des clichés, qui est très mineur, ou plutôt très peu présent dans ce film. Le seul grand cliché, c’est bien entendu les vieux codes de guerre froide : les gentilles sont américains, les méchants sont russes, on avait pas vu ça dans The Ryan Initiative par hasard? Le scénario présente aussi de bons points. L’étude des personnages, même si encore imparfaite, reste intéressante. Le scénario se base sur les sentiments du personnage principal, à l’esprit vengeur, qui épargne tous les clichés possibles. L’évolution des personnages aussi représente un axe intéressant. L’équilibre entre cruauté et considérations morales est réussi. Aussi les dialogues sont très intéressants, même captivants pour certains, tristes pour d’autres. Une seule phrase suffira pour atteindre le climax du film, un climax majestueux, lorsque Brosnan explique la mort par balle.
Le casting est formidable. Pierce Brosnan est excellent, comme à son habitude. Son jeu d’acteur est irréprochable. L’humour proposé cette fois-ci par l’acteur est dosé, mais présent, en petite quantité, un humour réussi comme nous a si bien habitué Pierce Brossant, le coup des pailles notamment. Il joue son rôle avec beaucoup de sériosité, on ne rigole pas, la situation est trop grave. On l’aura jamais vu aussi violent, il était sadique dans Le chantage mais dans ce film il a atteint ses limites. Il ira même jusqu’à blesser une pauvre innocente. Certains disent que son jeu est trop sinistre. Moi je pense que Pierce Brosnan dans ce film ne représente simplement pas du tout le héros parfait comme nous ont pu habitué les thrillers ou blockbusters américains, il peut faire des erreurs. L’erreur est humaine. Il se laisse emporter par ses émotions, il fait preuve d’une certaine impulsivité. Il casse, tue, explose, torture mentalement. Le jeu de cache-cache, du chat et de la souris avec Luke Bracey est intéressant. L’acteur est prometteur mais il s’écrase quelque peu devant Pierce Brosnan. Son jeu reste honorable. Olga Kuryleko joue cette fois-ci la femme moderne et dynamique, elle est placée dans l’action, parfois même confrontée seule à des situations très dangereuses. Mais elle a finalement le même rôle exactement que dans Quantum of Solace, certaines de ses scènes y sont mêmes similaires. 
Techniquement, le film est pas mal, même s’il y a une petite absence de prise de risques. Il y a beaucoup de suspens, même dans les scènes qui ne présentent pas d’action. Roger Donaldson qui a réalisé le chef-d’oeuvre Sens unique, excellent thriller qui expose une machinerie infernale contre le personnage principal piégé, centre de gravité d’un mensonge total. Donaldson oublie ses travelling kubrickiens qui mettaient si bien Costner en valeur pour une réalisation plus nerveuse, bien qu’on aura droit à un travelling arrière à la fin du film, mais tout de même bien moins prenant. Les scènes d’action sont excellentes et restent avant tout réalistes, même pendant le tournage : des vraies explosions, en témoigne la 1ère photo. L’ensemble forme ainsi un très bon thriller dosé, le temps passe vite. Donaldson propose des plans intéressants comme la première scène de fuite de Brosnan et Kurylenko, la scène de l’appartement avec ce piano à queue très pesant entre les deux personnages, le spectateur se repose  quelques instants en écoutant des notes de musique simples. Par contre certains plans sont inutiles, généralement elles sont très courtes. Le dernier plan du film est nul. Et certains plans sont assez violents, parfois passés au ralentis avec une présence omniprésente de sang, ce qui constitue une violence plutôt crue, faire du Tarantino ne réussit décidément pas à Donaldson, qui m’a déçu sur ce coup. Le montage est réussi même s’il y a un défaut de construction parfois, on passe trop vite d’uns scène à une autre, par exemple on montre pendant 20 secondes les péripéties de Kurylenko, puis 30 secondes une discussion de Mason et on revient ensuite sur Brosnan, et ce malheureusement plusieurs fois dans le film. Finissons par la musique, qui est satisfaisante, c’est rare qu’il y ait un thème prenant et convaincant dans de tels films, dans lesquels on oublie souvent la musique. Ici elle valorise le film. La touche musicale est donc réussie. 
Pierce Brosnan et Olga Kurylenko sont l’atout majeur du film, qui est tout de même un thriller réussi avec un grand nombre de qualités mais avec des défauts. Il y a une volonté de bien faire. Quoi qu’il en soit, le film reste un grand et très bon divertissement. Espérons que le deuxième, qui est probablement prévu, sorte vite pour revoir Brosnan courir! Un super divertissement!
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