Critique et analyse – The Salvation

  • Date de sortie : 27 août 2014 (1h32)
  • Réalisateur : Kristian Levring
  • Avec : Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan, Mikael Persbrandt, Eric Cantona, Jonathan Pryce, Douglas Henshall
  • Tous publics (France) 
  • Allociné spectateurs : 3.8/5
  • Allociné presse : 3/5
Présenté hors compétition au Festival de Cannes, The Salvation veut rendre hommage aux westerns d’antan réalisés par Leone, Ford, Mann et plus récemment Eastwood. A l’heure où ce genre est clairement délaissé au cinéma, il est question de savoir à travers cette critique si le western doit rester dans son cercueil ou a une chance, même minime, d’en sortir.
 
 
En 1870, un danois, John, amène sa femme et son fils en Amérique pour avoir un avenir meilleur. Mais dès le premier soir, sa famille est tuée très violemment et impitoyablement et il part tuer le meurtrier. Très vite, il déclenche la fureur d’un chef de gang, frère du meurtrier de sa famille. Trahi par sa communauté, lâche et corrompue, John n’a pas d’autres choix que de traquer seul les hors-la-loi.
 
 
Tout le monde le sait, le genre du western est aujourd’hui délaissé. Rares sont les westerns qui sont à la hauteur. Récemment, c’était tout de même il y a 11 ans, on se souvient du très bon Open Range de Kevin Costner, puis pendant 10 ans il y eut un vide, comblé à peine par certains films comme 3h10 pour Yuma ou l’excellente traque sanglante dans Seraphim Falls. Aujourd’hui, ce sont plus les versions parodiques qui triomphent ou alors les versions plus modernes comme Django Unchained de Tarantino. Cette année, on a eu tout de même droit au très bon The Homesman qui ne restera cependant pas dans nos mémoires très longtemps. Une fois n’est pas coutume, on aura droit à un western réalisé par un réalisateur, une équipe et un acteur principal danois. Verdict. 
 
Le scénario est un équilibre entre classicisme et modernité. Le film raconte l’histoire d’une vengeance classique, même si la traque menée contre le personnage principal est très intéressante, devenant une épopée sanglante dans un univers cauchemardesque qu’est l’Ouest sans loi ni foi livré à la cruauté avec une justice corrompue. Même s’il est lent comma la plupart des westerns, le scénario n’est jamais ennuyeux. Le film se déroule dans une contrée perdue, où se situe un village au milieu des plaines désertiques. La géographie ajoute à la fuite de John une double difficulté : il ne peut fuir dans les plaines désertiques parce qu’il n’y a pas d’endroit pour se cacher, en plus il n’y a pas d’autre ville à rejoindre et il est étranger, ne connaissant pas aussi bien la région que tous les autres. Le scénario n’accorde pas beaucoup d’importance à la profondeur des personnages,  même si les acteurs en ajoutent. Leur but est assez simple. En effet, John se venge du meurtre de sa famille puis est traqué par des hors-la loi. La seule femme de l’histoire, très mystérieuse toutefois, est battue par le hors-la loi et essaie de le fuir. Le hors-la loi veut se venger de la mort de son frère. Le maire essaie de gagner de l’argent. On note également u dénouement simple et beau. 
 
 
L’atout majeur du film est son casting 5 étoiles. Mads Mikkelsen ajoute beaucoup de profondeur à son personnage et joue terriblement bien, qu’il s’agisse de scènes simples ou plus complexes. Dès le début, il est magistral, en essayant de courir pour rejoindre la diligence. On sent sa peur et sa crainte qui montent crescendo. Son jeu est si juste que le film paraît réel. Le jeu d’Eva Green est impressionnant, jouant une femme défigurée et muette. L’actrice est magistrale, ne prononçant même pas un mot tout au long du film. Même si son temps à l’écran est plus limité que les autres acteurs, c’est bien elle qui dégage un magnétisme unique, elle prouve encore une fois ô combien son talent d’actrice est varié, juste et formidable. Ses aspirations vengeresses sont brillamment incarnées. La puissance de son regard peut devenir culte dans ce film. Dans la peau du grand méchant, Jeffrey Dean Morgan est impeccable, variant son jeu pour ne pas tomber dans les stéréotypes habituels. Les rôles secondaires sont impeccables également : Michael Raymond-James, Mikael Persbrandt et Jonathan Pryce. On aurait peut-être aimé un peu plus de justesse pour Douglas Henshall, même s’il apparaît peu. Nanna Oland Fabricius, même si elle ne joue que pendant 5 minutes, est très convaincante. 
 
 
Le justicier solitaire eastwoodien et la brutalité froide ne sont pas la seule comparaison qu’on peut faire avec les westerns d’antan. Le réalisateur Kristian Levring rend hommage aux films de Leone, Ford et Mann tout en modernisant les codes sans que le film devienne pour autant très moderne, dans le sens « artificiel », et tant mieux. Il donne beaucoup de rythme à un scénario qui se veut lent. Il y a un très grand travail de qualité sur la photographie. Les vastes paysages désertiques sont magnifiques. La musique de Kasper Winding est très convaincante avec un thème principal très satisfaisant. 
 
 
En plus d’être un spectacle intense, The Salvation est un bel hommage aux grands westerns. Alors oui, le western peut se trouver sa place au aujourd’hui. Il nous manque ce petit manque d’originalité, dans The Salvation ou même The Homesman, même si on peut considérer que le personnage féminin mystérieux dans ce film apporte cette touche d’originalité. Un personnage qui peut rendre le film culte, grâce à son interprétation magistrale. Un grand western, un beau film.
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