Critique et analyse – Seule dans la nuit

  • Date de sortie : 1967 (1h48)
  • Réalisateur : Terence Young
  • Avec : Audrey Hepburn, Alan Arkin, Richard Crenna, Jack Weston
  • Accord parental souhaité 
  • Allociné spectateurs : 3.8/5
Il est très insolite de retrouver Audrey Hepburn dans un thriller angoissant. Le film remplit assez bien le cahier des charges du thriller et reste un excellent divertissement, notamment grâce à une atmosphère unique et une interprétation magistrale. 
A l’aéroport de New York, Lisa débarque chargée d’une poupée bourrée d’Héroïne. Suite à une rencontre imprévue, elle confie la cargaison à un voyageur, Sam Hendrix. Quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, tuée par Roat, un trafiquant. Il s’agit alors, pour lui et ses deux sbires, de retrouver la marchandise. Se rendant chez Sam, ils n’y trouvent que sa femme seule, aveugle et sans défense face à la cruauté de ces hommes.
Adapté d’une pièce à succès de Frederick Knott, le scénario paraît simple mais le début est assez complexe. Quelque peu lent, le début instaure les bases de l’histoire peu évidentes à comprendre, il faut une demie-heure pour bien tout saisir. Ensuite le scénario use de beaucoup d’ingéniosités et la structure narrative est sans reproche. L’enquête menée par Susy pour comprendre la situation dans laquelle elle se trouve est très intéressante à suivre et jamais ennuyeuse, même si le rythme diminue à certains moments. Le spectateur est tenu en haleine et veut aider la femme et surtout, ce qui est le plus intéressant à mes yeux, c’est de voir comment une aveugle va procéder pour comprendre cette situation inédite. Pour cela, elle use d’ingéniosités, toutes dignes d’intérêt. La montée en tension est progressive jusqu’à aboutir à une fin haletante, à la manière de Charade, même si l’issue finale reste sans surprise ce qui n’est pas obligatoirement un défaut. L’intérêt du film n’est pas de voir si elle va arriver à se sauver mais comment ou de quelles manières elle va y arriver. La progression est lente et tortueuse, comme la musique de Mancini. Alors que l’écran est noir et que le spectateur devient aveugle comme Susy et son ravisseur, seuls les bruits sont percevables. D’ailleurs, à l’époque, les responsables des cinémas éteignaient graduellement l’éclairage lors des 12 dernières minutes du film, au fur et à mesure que Susy casse les ampoules. Son handicap va alors devenir un avantage. La mise en scène est théâtrale. Les personnages entrent et sortent de l’appartement, sans tout de même que le film devienne une pièce de théâtre, à la manière de La corde et Le crime était presque parfais, réalisés par Hitchcock qui sont d’ailleurs adaptés des pièces de Knott. L’appartement entresol fermé est presque aveugle lui-aussi. Il y a peu de pièces, de façon qu’il y ait peu d’endroits pour se cacher, et donc peu d’issues pour Susy. Elle est interprétée magistralement bien par une actrice fantastique, Audrey Hepburn, qui contribue grandement au charme du film et prouve encore qu’elle est une des plus grandes actrices, capable de jouer n’importe quel rôle, allant du comique au tragique. Audrey Hepburn a fréquenté une école pour aveugles et porté des lentilles pendant le tournage afin de rendre son regard moins expressif. Les autres acteurs, Alan Arkin et Richard Crenna, livrent une bonne prestation.
 
 
Seule dans la nuit est un huis-clos palpitant à voir la nuit et dans le noir avec portes et fenêtres fermées. Le scénario, bien qu’il souffre d’un manque de rythme par moment, est très bien ficelé. Audrey Hepburn est magistrale et le final haletant. La panique, la peur et l’angoisse sont au rendez-vous.
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