Critique et analyse – Bons baisers de Russie

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  • Date de sortie : 30 juillet 1964, 1963 aux USA et R-U (1h58)
  • Réalisateur : Terence Young
  • Avec : Sean Connery, Daniela Banchi, Pedro Armendariz, Robert Shaw, Lotte Lenya, Bernard Lee, Desmond Llewelyn, Lois Maxwell
  • Tous publics (France) Accord parental souhaité (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 3.5/5
Bons baisers de Russie confirme véritablement le statut de James Bond après le succès de James Bond contre Dr No, notamment grâce à une mission plus complexe et dangereuse que la précédente. D’ailleurs, le film bénéficie d’un budget double pour réaliser les plus grandes ambitions.

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Tatiana Romanova, secrétaire russe au consulat soviétique d’Istanbul, contacte le MI6 pour leur proposer d’apporter une machine de déchiffrement secret appelée Lektor, à condition qu’on l’aide à fuir à l’Ouest. En réalité, c’est le SPECTRE qui l’a engagé afin d’éliminer James Bond et se venger ainsi de la mort du docteur No. 
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Après le succès du précédent film, la production d’un nouveau film est signée très vite par les producteurs Harry Saltzman et Albert R. Broccoli. Par ailleurs, le contrat de Sean Connery le lie au personnage pour cinq années, de 1962 à 1967. L’acteur s’affirme comme l’incarnation parfaite du personnage dans l’esprit du public, il faut donc l’utiliser le plus possible et enchainer très vite les films. Il faut profiter du succès bondien. Sean Connery, grâce à son succès, tourne vite avec les plus grands réalisateurs de l’époque comme dans Pas de printemps pour Marnie d’Alfred Hitchcock en 1964. Il ne reste plus qu’à choisir le roman à adapter et Bons baisers de Russie est vite choisi, surtout pour sa popularité. En effet, le président JFK l’avait cité parmi ses dix préférés et le roman avait connu de très bonnes ventes dans les librairies. 

A l’inverse du précédent film, ce n’est pas une organisation qui va terroriser seulement l’Ouest mais une organisation qui va cette fois-ci être face aux deux superpuissances, l’Ouest comme l’Est en faisant du SPECTRE la vraie menace mondiale au sein de la guerre froide. Certes avec un budget de 2 500 000 dollars (1 million pour Dr No), la préparation du film est très difficile car il faut tourner des scènes d’action ambitieuses et voyager beaucoup pour fasciner le public, l’inviter à voyager pendant deux heures et découvrir de nouveaux paysages. 

Pour faire du film un bon choc visuel et esthétique, tout comme Dr No, on fait logiquement appel à Terence Young. Rapidement, l’équipe parcourt l’Écosse, l’Irlande et la Turquie et revient aux studios Pinewood pour les scènes en décors construits. Pendant ce temps une seconde équipe travaille en Espagne et à Venise. Nettement, deux scènes posent problème : la scène culte de l’hélicoptère et la course-poursuite en hors-bord. L’équipe enchaine 13 heures de tournage pour à peine quelques secondes utilisables à l’écran. Sean Connery doit assurer plus de scènes physiques et Terence Young frôle la mort lorsque son hélicoptère s’écrase dans la mer durant le tournage de la course poursuite. Après quelques blessures, le tournage est bouclé et le budget non dépassé malgré des dépenses conséquentes. 

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Bons baisers de Hitchcock?

Bons baisers de Russie se démarque nettement pendant la première demie-heure, on remarque immédiatement que le film veut surpasser Dr No. La photographie se veut plus réaliste et la mise en scène plus sombre. Le montage de Peter Hunt est bien plus élaboré et, combiné avec la réalisation de Terence Young, offre une narration excellente. Un thriller d’espionnage divisé en deux parties. La première partie pose toute l’intrigue, ses mystères et ses personnages. La deuxième partie est centrée sur l’action avec un voyage d’une demie-heure dans l’Orient Express. Le scénario mélange blondes charmantes, machines secrètes, trahisons et pièges. Un cocktail qui rappelle les films du maître du suspens, Alfred Hitchcock.

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Bons baisers de Russie continue d’établir des éléments clés de la saga, comme le premier pré-générique. Ce n’est donc plus un générique qui ouvre le film, mais une séquence d’introduction, qui est en rapport ou pas avec le reste du film. Cette séquence présente le film, et en donne une atmosphère générale. La première séquence de pré-générique de la saga est très surprenante, voir étrange. Dans d’immenses jardins silencieux qui forment une sorte de labyrinthe nocturne, Bond est éliminé par un homme. Ou plutôt une doublure. Dès le début, le spectateur comprend à quoi il s’attend et voit la couleur du film : du suspens, des pièges, des faux-semblants et une atmosphère sombre, voir inquiétante. Autre élément clé, Desmond Llewelyn apparait pour la deuxième fois, mais sous le nom de code Q et surtout donne à James Bond son premier gadget : une mallette. On retrouve également Bernard Lee dans le rôle de M et Loïs Maxwell dans celui de Miss Moneypenny. La James Bond Girl, Daniela Bianchi alias Tatiana Romanova est très séduisante certes, mais moins performante qu’Ursula Andress, mais l’actrice reste convaincante

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Bond assassine plus froidement, paradoxalement il est moins tendu. Il fait preuve d’improvisation dans des situations extrêmes et peut agir seul sans difficulté ou alors il peut s’adapter en duo pour un travail professionnel très efficace. Seul, notamment perdu dans le paysage, il donne impression d’être plus vulnérable, surtout que sa compagne est limitée dans les capacités d’action, mais il finit par trouver des stratagèmes et vaincre l’ennemi. Pour cette mission, Bond a deux ennemis. Rosa Klebb (Lotte Lenya), femme très antipathique, pouvant tuer comme un homme, en témoigne sa tentative finale sur Bond grâce à sa lame plantée dans sa chaussure. La scène malheureusement est un peu courte car le suspens et le rythme sont au rendez-vous. Red Grant, l’homme silencieux mais efficace, est un tueur impressionnant dont l’argent est un grand intérêt. Robert Shaw incarne un grand méchant. 

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Dans Bons baisers de Russie, il y a plus du double de scènes d’actions que dans Dr No. Le combat entre les deux gitanes est une scène virtuose qui précède une attaque très bien maîtrisée, avec une musique de grande qualité, dominée par Grant qui surveille 007 qui échange des coups de feu. Très vite, on enchaine avec une explosion à l’ambassade et une course entre Bond, Kerim Bay son agent de liaison et Tatiana Romanova sans oublier une séance de tir à l’ambassade peu avant très bien montée. Le film se conclut par trois séquences d’anthologie : le combat dans le train, l’hélicoptère et la course-poursuite de hors-bord. La scène du combat est précédée de trois minutes riches en suspens et en tension car Grant menace Bond d’une arme dans une chambre de l’Orient Express, et on se demande bien comment Bond va s’en sortir. Ensuite, la bagarre est une des plus belles scènes d’action du cinéma. La saga débute avec des scènes d’action exceptionnelles car leur conception sont originales avec une bonne maîtrise de l’espace et du temps. La scène du combat dans le train est d’une brutalité extrême, Peter Hunt accentue les bruits des vitres pour que la scène soit encore plus agressive. Elle s’inscrit comme un très grand moment de cinéma. S’enchaîne une superbe course-poursuite entre 007 et un hélicoptère qui tente de le tuer. On rapproche immédiatement cette scène à celle de La Mort aux trousses de Hitchcock. Enfin la course-poursuite en hors-bord est excellente, certes moins grandiose mais spectaculaire. 
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Pour cette nouvelle mission, Jonh Barry, qui a déjà travaillé sur Dr No avec Monty Norman, est désigné seul compositeur. La bande originale de Bons baisers de Russie n’est pas le meilleur de Barry mais reste très efficace, avec des pistes qui montent la tension comme la lutte des deux gitanes ou des pistes qui donnent du relief au voyage en train. La piste sonore participe à la noirceur du film et son atmosphère pesante. La chanson du film est entrainante mais n’est pas la meilleure de la saga, loin de là. Elle sera présente dans le générique sous forme instrumentale, qui est elle très réussie. 
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Après une mission exotique en Jamaïque, Bond est de retour et assure son succès dans une mission plus audacieuse avec plus de suspens et de tension. Un thriller d’espionnage singulier et magistral. Une brillante réussite qui va encore une fois permettre à Bond de prendre plus d’ampleur…
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