Critique – Grace de Monaco

  • Date de sortie : 14 mai 2014 (1h42)
  • Réalisateur : Olivier Dahan
  • Avec : Nicole Kidman, Tim Roth, Frank Langella, Paz Vega, Parker Posey, Milo Ventimiglia
  • Tous publics 
  • Allociné spectateurs : 2.6/5
  • Allociné presse : 2.5/5
Grace de Monaco était le film du deuxième trimestre  2014 que j’attendais le plus. La bande-annonce du film est excellente, très rythmée et donne envie au spectateur de voir le film. Le film vient de faire l’ouverture du Festival de Cannes et, on peut le dire, a été démonté par la presse et hué par la famille royale. Alors : est-ce vraiment une catastrophe?
 
Épouse du Prince Rainier, Grace Kelly doit faire un choix cornélien entre un rôle de cinéma, «Marnie» et faire donc un retour à Hollywood pour Hitchcock ou  devenir définitivement Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco pour défendre Monaco des menaces d’annexion de la France. 
 
Le scénario se concentre sur deux évènements. La première partie se focalise sur le choix de Grace sur son avenir d’actrice. La deuxième partie se concentre sur la bataille menée par le couple royal contre Charles de Gaulle, qui veut annexer Monaco. Le scénario est intelligent car il mêle l’intime et la politique. Cependant les dialogues sont peu pertinents et il y a peu de profondeur. Le scénario manque clairement de profondeur et pénalise lourdement le film. Le scénario est superficiel, il survole les évènements et ne fait que les présenter. Le manque de profondeur est très dommage. Pire : le scénario fait recours à la caricature. La France représente la menace et les Etats-Unis l’aide et la justice. Mac Namara va même dire à Charles de Gaulle : «tu ne vas pas larguer une bombe sur la princesse?». On a l’impression que le film devient un dessin animé. Comme pour séduire le prince charmant, Grace Kelly essaie plusieurs robes, on lui apprend comment parler, comment se tenir face aux journalistes, quelles positions ou quels regards il faut adopter.  La mise en scène ridiculise le film et le transforme en dessin animé, le film manque de sériosité. 
 
Le scénario enchaine les inexactitudes. Il y a clairement un travestissement d’histoire. Toujours, pour un biopic, les scénaristes ne suivent jamais la réalité au mot près. Dans Grace de Monaco, le travestissement de l’histoire n’est pas subtil et trop abondant, et devient même parfois ridicule. On retrouve un Prince qui a peu d’autorité et peu d’énergie. Mr Alfred Hitchcock n’est jamais venu à Monaco pour convaincre Grace Kelly de jouer dans son prochain film. De Gaulle était en réalité bien plus en colère à cause du dépôt de fonds par des Pieds-Noirs qui venaient de quitter l’Algérie dans des banques monégasques. Il n’était pas informé de cet accord, d’où le blocus. Jean Charles Rey et la soeur du Prince, la princesse Antoinette sont représentés comme des conspirateurs infâmes à la solde de la République Française. Certes, il y eut des affrontements entre Rainier et son beau frère mais jamais ils n’ont atteint à un tel scandal. De Gaulle entre dans un casino, et non dans un palais, et n’est même pas salué. Pire : le secrétaire d’Etat américain Robert Mac Namara donne une tape sur son épaule lui disant «alors Charles!». C’est ahurissant! 
 
La réalisation d’Olivier Dahan est réussie. Il a réalisé La môme en 2007 avec Marion Cotillard qui jouait Edith Piaf. Le réalisateur a beaucoup de concurrence à cause d’un nombre record de biopic en ce début d’année. L’année dernière, on racontait la vie de Lady Di dans Diana, qui a autant été boudé que Grace de Monaco, ou presque. Cette année, Le loup de Wall Street (décembre 2013), Philomena, 12 years a slave, Yves Saint Laurent et Dans l’ombre de Mary sont tous des biopics. La caméra de Dahan filme au plus près des personnages, les émotions sont donc facilement perçues. Il nous jette dans le décor, comme dans une scène où la Princesse se mêle à la foule dans un marché. Dahan a de réelles prétentions esthétiques. Il utilise plusieurs plans séquences plus ou moins réussis. Les cadres sont riches et bien composés. Dahan réussit à réaliser un film glamour et beau, et c’est ce qui est aussi un peu problématique : l’attraction principale est la Beauté, c’est à dire des décors magnifiques, de beaux costumes, de belles couleurs… On regrettera beaucoup la seule scène de baiser, qui est filmé mais n’est pas montré. La scène est très maladroite. 
Les acteurs ne sont pas du tout investis, sauf Nicole Kidman. Clairement, elle sauve le film de la noyade. Elle interprète avec une réelle sincérité son personnage et représente le seul intérêt du film. Une Nicole Kidman très en forme et très juste. Le reste du casting est déplorable. Tim Roth n’a pas l’énergie du Prince. Durant la première partie, il est très décevant mais se rattrape durant la seconde. Son interprétation reste moyenne. Parker Posey survole le personnage de la gouvernante et joue sans profondeur. C’est du gâchis de rôle. Elle est même parfois ridicule. Geraldine Somerville joue Antoinette et comme Parker Posey, elle joue sans profondeur. C’est pareil pour Nicholas Farrell, Milo Ventimiglia et André Penvern. Il ne joue pas Charles de Gaulle, il caricature le personnage sans aucune profondeur. Il ne fait que raconter les mots de son scénario. Le seul qui s’en sort, et hautement il faut le dire, c’est Frank Langella qui joue remarquablement bien. Son personnage est plein de subtilité et de profondeur. Il fait plaisir! 
 
Beaucoup de défauts, le film remplit quand même bien la fonctionnalité d’un bon divertissement. Un film à voir pour sa beauté et l’interprétation sublime de l’actrice principale, Nicole Kidman. Mais il reste très décevant.
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