Critique – Une promesse

 
  • Date de sortie : 16 avril 2014 (1h38)
  • Réalisateur : Patrice Leconte
  • Avec : Rebecca Hall, Alan Rickman, Richard Madden, Toby Murray, Maggie Steed
  • Tous publics 
  • Allociné spectateurs : 3.5/5
  • Allociné presse : 3.1/5

Le dernier pari de Patrice Leconte est de tenir en haleine le spectateur pendant une heure trente sur une romance qui prend naissance en 1912. 

Allemagne, 1912. Un jeune diplômé, Friederich Zeitz, d’origine modeste, devient le secrétaire particulier d’un homme âgé, patron d’une usine de sidérurgie. Alors que l’état de santé du patron se dégrade, il accueille le jeune homme pour travailler chez lui. Avec le temps débute une passion amoureuse entre le jeune homme et l’épouse du patron, belle et réservée. Mais Zeitz doit partir pour le Mexique pendant deux années pour le travail. Ils se font alors une promesse : celle de se retrouver à son retour.

Le scénario adapte  le roman de Stefan Zweig intitulé Le voyage dans le passé paru en 1929. On retrouve beaucoup les récits douloureux d’amants séparés au cinéma qui souvent n’épargnent pas les clichés habituels. Avec Une promesse, Leconte arrive à nous donner quelque chose de différent, visité à sa manière. Il propose des dialogues intéressants mais surtout et avant tout une profondeur de personnages extraordinaire. En effet, même si le film se veut un peu lent, il reste très intéressant. Cependant le scénario présente un défaut : celui du temps, au début et à la fin du film. Au début, en cinq minutes et à peine, Friedrich passe du petit nouveau au collaborateur particulier qui propose des plans d’investissements…un peu trop rapide, et pas très naturel. Le problème du temps est pire dans la dernière partie, lorsque les deux personnages sont séparés, pendant 6 ans dans le récit mais seulement 15 minutes au plus à l’écran. L’attente des retrouvailles est négligée et n’est donc pas insoutenable pour le spectateur, et cette longueur insupportable n’est pas assez mise en exergue.

Leconte arrive à merveille à reconstituer l’atmosphère du milieu bourgeois industriel allemand. La reconstitution historique est très soignée et représente même un intérêt majeur du film. Le réalisateur a recherché une précision subtile affectée par des fautes volontaires de cadrage et de mouvements de caméra, très présentes : effets de zoom et cadrage imprécis pendant tout le film. C’est une manière différente de réaliser que nous propose Leconte, mais qui parfois nuit à l’expression du jeu des acteurs. Les images sont délicates, mises en lumière de manière douce et précise. Elles sont belles et naturelles et capturent la beauté du film d’époque. La musique de Gabriel Yared (Une bouteille à la mer notamment) est très convaincante. Le thème d’ouverture est très rythmé, il donne dès le début du film envie au spectateur de voir le film. Les autres thèmes, très souvent simples avec une partition de piano, très réussis et apportent beaucoup de douceur et de beauté au film. La piste Où-es-tu mon amour est une véritable réussite.

 

Les acteurs sont époustouflants. Rebecca Hall est merveilleuse très élégante et apporte beaucoup de finesse et de beauté. Elle incarne son personnage de manière fragile et raffinée, à la perfection. Elle est très investie dans ces jeux innocents de regards qui se croisent et de romantisme pudique avec Richard Madden. Alan Rickman, comme à son habitude, est parfait, très virtuose. Richard Madden joue aussi avec beaucoup de profondeur, même s’il est quelque peu noyé par Rebecca Hall.

La romance pudique, sans paroles, entre Lotte et Friederich portée à l’écran, malgré quelques maladresses, est une réussite, très subtile et intense, bénéficiant d’une une profondeur inouïe qui constitue la force du film ainsi que d’une interprétation excellente. Un beau film.
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