Critique et analyse – Comment voler un million de dollars

  • Date de sortie : 2 septembre 1966 (2h3)
  • Réalisateur : William Wyler
  • Avec : Audrey Hepburn, Peter O’Toole, Eli Wallach, Hugh Griffith
  • Tous publics 
  • Allociné spectateurs : 4.1/5
Audrey Hepburn. Peter O’Toole. Un duo glamour, élégant, moderne. Comment voler un million de dollars est sorti il y a presque 50 ans, et pourtant ce film n’a pris aucune ride! Il a même rajeuni tant il a gagné en fraîcheur et éclat. Un bijoux très séduisant. Le film rend le spectateur très nostalgique de cette époque et celui-ci pourrait se demander pourquoi les films contemporains n’ont plus ce charme si typique de cette époque. Comment voler un million de dollars est tout simplement unique.
Le scénario est simple et grandiose. Charles Bonnet possède une impressionnante collection d’art, dont il vend parfois quelques pièces à d’autres amateurs. Seul problème, les œuvres sont en fait d’ingénieuses imitations. Par défi et orgueil, il accepte de prêter une somptueuse statuette à un musée : la Vénus de Cellini. Ce qu’il ignore, c’est que la fameuse statuette va faire l’objet d’une expertise. Sa fille, inquiète, décide de régler l’affaire et demande l’aide d’un séduisant inconnu qu’elle prend pour un voleur mais qui est en réalité un détective privé.
 
 
William Wyler réalise le film, un de ses derniers, et en profite pour retrouver son actrice de Vacances romaines, sorti 13 ans plus tôt. Il tourne entièrement à Paris et magnifie cette ville, celle des artistes, des belles collections d’art, des villas… Après l’angoissant L’Obsédé, Wyler choisit la comédie. C’est clair et net, le réalisateur de Ben-Hur aime la diversité. Tous les genres lui réussissent. Les quiproquos et les cascades forment une comédie très réussie avec beaucoup d’humour. Les touches d’humour ne sont pas fantaisistes mais assez naturelles, parfois de simples gestes, des mouvements des acteurs, des propos et parfois aussi des quiproquos ou cascades. Les scénaristes n’ont pas choisi la sur-enchère mais le réalisme pour faire rire. Le film est séduisant, les voitures sont luxueuses, les villas sont magnifiques, les robes d’Audrey Hepburn et les costumes de Peter O’Toole sont ravissants. Le film est un véritable plaisir pour les yeux.
 
Audrey Hepburn et son style vont à merveille au film. Elle incarne le film pour apporter une dimension unique. Le rôle lui va parfaitement, elle l’incarne avec perfection. La femme issue des classes aisées qui se trouve dans une affaire déjantée complètement farfelue. Peter O’Toole réussit également à s’imposer face à la rayonnante Audrey. Le gentleman cambrioleur est très charmant, amusant bien entendu. Le détective privé, tombé sous le charme d’Audrey, va l’aider à cambrioler la fausse statue de son père. Le duo que forment les deux acteurs est formidable à l’écran. Il est même magique, pétillant, unique donc. Le rapport entre les deux personnages, et acteurs donc, est magnifique. La performance d’Eli Wallach est très satisfaisante. Il joue le rôle du collectionneur qui est prêt à tout pour obtenir ce qu’il désire. 
 
 
Entre comédie déjantée – et non burlesque – et enquête policière, le mélange des genres est très réussi. L’enquête, ou plutôt l’investigation menée par le duo pour les préparatifs du vol est excellente. Le film combine avec perfection le film de cambriolage et la comédie romantique. La folle nuit passée au musée représente l’apogée du film, entre suspens et humour. Les scènes du musée sont cultes et, d’un point de vue de la mise en scène, très réussies. William Wyler mène une réalisation parfaite. La mise en scène du film n’a aucun reproche, certains plans sont magnifiques. On notera la présence d’un grand nombre de miroirs, sûrement pour rappeler que l’art est doté d’un caractère illusoire. Notons d’ailleurs ce personnage qui pense apercevoir le reflet d’Audrey Hepburn et se cogne dans un miroir, ce qui accroit cette symbolique. La photographie est également sans reproche avec des scènes techniquement parfaites. La bande originale de John Williams est unique et joue un rôle très important dans le film. La partition du thème principal est très impressionnante et magnifique. La musique donne le ton et le rythme à la comédie, en symbiose avec la composition d’Audrey Hepburn. Un régal pour les oreilles. 
 
« Elle avait tout ce que je recherchais : le charme, l’innocence et le talent. Peter O’Toole et Audrey Hepburn déclenchaient chez l’un comme chez l’autre des fous rires et réagissaient l’un à l’autre comme sous l’effet d’un gaz hilarant. » 
William Wyler.
« Lorsque Audrey tournait, il se dégageait de Wyler un sentiment d’admiration à la fois professionnelle et personnelle. »
Peter O’Toole.
Le film est un bijoux très séduisant qui réunit un duo d’acteurs éblouissant, un scénario complètement déjanté qui mélange à merveille les genres, une réalisation parfaite, une musique impressionnante et des costumes magnifiques pour le plaisir des yeux… Deux heures charmantes à Paris. Un film unique et intemporel.
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