Critique – Dans l’ombre de Mary – La promesse de Walt Disney

  • Date de sortie : 5 mars 2014 (2h5)
  • Réalisateur : John Lee Hancock
  • Avec : Emma Thompson, Tom Hanks, Paul Giamatti, Jason Schwartzman
  • Tous publics (France) – 13 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs :4.3/5
  • Allociné presse : 3.5/5
Mary Poppins fut crée en 1934 par Pamela Travers. Les livres furent adaptés par Walt Disney en 1964. Dans l’ombre de Mary retrace la vie de l’auteur. Si, 50 ans plus tard, Disney s’est penché pour un biopic sur Pamela Travers, c’est pour deux raisons : personne ne connaît ou presque l’auteur et sa vie est digne d’être racontée dans un film. En fait, sa vie est un film. L’intrigue se déroule sur 3 ans, entre 1961 et 1964, où Pamela Travers devait co-scénariser le film de Mary Poppins. Cependant le film profite pour revenir sur l’enfance de l’auteur, grâce à de multiples flash-back qui constituent presque la moitié du film…
 
 
Les scénaristes ont voulu revenir sur l’enfance tragique de P. Travers pour que le spectateur comprenne bien plus profondément le personnage. En enchaînant de multiples flash-back, qui constituent presque la moitié du film, le film perd en rythme malheureusement mais a l’avantage d’ajouter beaucoup de profondeur. On comprend ainsi les actes de P. Travers, ses propos et ses comportements. On comprend ce qu’elle a vécu, l’épreuve qu’elle a traversé et comment elle est devenue cette femme aussi désagréable, qui va petit à petit reprendre le sourire, entre deux larmes… Drôle et émouvant, l’exercice du mélange des genres est très populaire en ce début d’année (Philomena, American Bluff), le scénario enchaîne scènes comiques et scènes émouvantes. Souvent, l’émotion vient grâce au rire. Le film se concentre sur la psychologie des personnages. Très intéressant à suivre, le personnage de P. Travers est toujours en désaccord avec les scénaristes du film, même si Walt Disney est très enthousiaste. Dans la ville des anges, P. Travers est en enfer. 
 
Emma Thompson incarne P. Travers avec perfection. Son jeu est magnifique, très précis jusqu’à la moindre petite gestuelle et rend le personnage très crédible et surtout… très émouvant. Face à elle, Walt Disney est joué excellemment bien par Tom Hanks. Hormis un petit coup de vieillesse il faut l’avouer, Tom Hanks est très en forme, séducteur irrésistible mais qui va tomber sur une tête dure. Les autres acteurs sont très bons comme Paul Giamatti, Jason Schwartzman, Bradley Whitford. Par contre Colin Farrell déçoit un petit peu trop.
 
Le contraste entre américains amis et la dame bourgeoise anglaise qui doit absolument respecter ses traditions et son protocole est très amusant et divertissant. La confrontation des deux mondes est très intéressante. Les exigences de P. Travers sont extrêmes, son attitude face à certaines choses est complètement démesurée, comme lorsqu’elle jette des poires dans la piscine d’un palace de Beverly Hills. Même s’il développe le passé de P. Travers et l’origine de certaines choses, l’intrigue perd beaucoup de rythme et possède des longueurs. On s’ennuie parfois, surtout lors des flash-back. Cela peut sûrement s’expliquer par l’absence d’Emma Thompson, qui est le majeur atout du film, son plus grand pilier. Elle contribue une richesse incroyable au film. Tous ces composantes mélangées, le film se veut comique, émotif et, on peut le dire, magique et passionnant avec des anecdotes très intéressantes. 
 
Le réalisateur nous plonge dans l’ambiance de Disney, avec les peluches géantes, les studios, le parc d’attraction, les gâteaux, les bonbons et plein de couleurs. La mise en scène est très bonne dans la majorité des scènes, bien qu’il y ait quelques faiblesses dans d’autres, heureusement très peu. La bande sonore de Thomas Newman déçoit un peu, beaucoup mais pas « à la folie ». Il y a beaucoup de titres mais pas d’ensemble unifié. Même si certains titres sont très plaisants, d’autres ne sont pas à la hauteur. On regrette également l’absence d’un «vrai» thème. 
 
 
 Supercalifragilisticexpiadilocious! Malgré des longueurs et quelques petites maladresses, le film se veut enthousiaste. Les personnages sont très bien traités, on ressent les hésitations, résistances et peurs de P. Travers. C’est avec merveille qu’on découvre les racines du conte féérique. Bien plus qu’un biopic, les relations humaines représentent un centre d’intérêt majeur. Un grand film.
 
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