Critique et analyse – Un été à Osage County

  • Date de sortie : 26 février 2014 (2h1)
  • Réalisateur : John Wells
  • Avec : Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan McGregor, Chris Cooper, Julianne Nicholson, Benedict Cumberbatch, Abigail Breslin, Juliette lewis, Margo Martindale, Dermot Mulroney
  • Tous publics (France) – 17 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 3.6/5
  • Allociné presse : 2.9/5
Casting 5 étoiles, mais le film, bien qu’il remplit assez bien son cahier des charges, déçoit notamment à cause de ses longueurs. Heureusement les acteurs arrivent à nous sortir de l’ennui, constituant clairement la force du film. 
 
Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston rejoignent leur mère après plusieurs années de séparation. A cette occasion; les secrets et les rancoeurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…Un été à Osage County est un de ces films où la bande annonce met en valeur le scénario et la réalisation du film, alors que le résultat n’est pas si prometteur.
 
Ce drame familial qui réussit à éviter les clichés par bonheur, se situe dans l’Amérique profonde, vous l’aurez devinez, à Osage County. Le réalisateur nous montre les paysages de cette Amérique rurale qui défilent à perte de vue. Il filme des portes en bois, des grillages, du foin… Le film met en scène une mère à moitié folle et droguée qui a un cancer de la bouche. Meryl Streep nous montre encore une fois son talent extraordinaire d’actrice. Elle représente l’axe majeur du film, le centre de gravité du scénario par rapport auquel tous les personnages tournent. Une des filles, Barbara, est merveilleusement incarnée par Julia Roberts, toujours pretty woman. Julia Roberts réussit à ajouter beaucoup de charme au film. Le duo qu’elle forme avec Meryl Streep est fascinant et constitue le principal intérêt du film, qui n’est pas de voir des champs à perte de vue sous des rayons de soleil mais bien de suivre ces deux femmes. Les autres rôles sont également tenus par d’excellents acteurs. Ewan McGregor campe très bien le rôle du mari séparé ou presque de Barbara. Chris Cooper et Julianne Nicholson sont excellents. Benedict Cumberbatch surprend et livre une très bonne performance pour le film. Enfin, Juliette Lewis et Margo Martindale bouclent ce casting parfait en incarnant des personnages très intéressants à développer. Et j’oubliais Dermot Mulronay dont la prestation m’a beaucoup plu en jouant le rôle de Steve, un personnage très original. 
 
Le scénario développe les tensions familiales. Certes on s’ennuie très souvent à cause de nombreuses longueurs mais les personnages ont beaucoup de profondeur, chacun a ses propres caractères, son propre passé, ses propres projets et ses propres secrets. Le travail sur les personnages n’a pas du tout été négligé, même si le film tourne un peu en rond. Tout de même le scénariste a réussi à donner des points de vue différents pour les personnages, ceci rend le film plus intéressant. Au sein de cette famille qui rassemble des personnages brisés, c’est la domestique indienne qui unit tout le monde. certes le film se veut dramatique, mais pas totalement. Le scénariste a réussi à ajouter une petite touche d’humour entre deux scènes dramatiques. Le rire n’est pas provoqué de façon artificiel, il vient naturellement, ce qui est rare au cinéma. Heureusement les quelques situations rocambolesques, les confrontations et les révélations rattrapent les longueurs, même si encore une fois je le dis, le film tourne bien trop en rond, ce qui a des conséquences comme une fin, qui à mon sens, est trop négligée. 
 
 
La réalisation de John Wells n’est pas innovante. Pour le générique de début il filme la campagne profonde, son bétail, ses portes en bois et ses champs à perte de vue… Cependant il n’y a pas d’artifices pour tricher, il signe une réalisation honnête et authentique, le pari d’une adaptation à l’écran de la pièce de théâtre est plutôt bien réussi. Il a également très bien su diriger ses acteurs qui jouent avec une justesse irréprochable. La scène du déjeuner, scène principale du film, est très bien maîtrisée. Elle présente le résumé de l’histoire : la tension monte crescendo et malgré quelques touches de comédie la situation dérape et les confrontations ont lieu, fatalement. Chaque personnage jette ses rancoeurs, ses lourds souvenirs d’enfance et ses secrets enfouis sur la table. La famille pensait se réunir après des années de solitude avec le soutien de tous les membres mais c’est finalement sa propre déchirure qu’elle a trouvé. John Wells décide de ne pas impliquer le spectateur dans l’action mais de le laisser en retrait avec le moyen de plans moyens ou rapprochés. Contrairement à 12 years a slave où le spectateur est réduit à la condition d’esclave, ici le spectateur n’est autre que le témoin de cette famille, qui voudrait bien intervenir mais reste impuissant devant des insultes et des bagarres. Au-delà du drame lui-même et des relations de conflits, le cinéaste développe un véritable hymne à l’amour et à la fraternité, une autre force majeure du film. 
 
Même si le film tourne en rond et contient des longueurs (que l’on finira par excuser), les acteurs très investis sauvent le film, interprétant tous des personnages très profonds. Le film est riche en émotion, sans artifices, l’authenticité de son propos fait mouche. Un très bon film à voir donc.
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