Critique – La Belle et la Bête

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  • Date de sortie : 12 février 2014 (1h52)
  • Réalisateur : Christophe Gans
  • Avec : Vincent Cassel, Léa Seydoux, André Dussollier, Eduardo Noriegas, Audrey Lamy
  • Tous publics
  • Allociné spectateurs : 3.2/5
  • Allociné presse : 3.1/5
Ce comte est un mélange de sentiments, de tendresse et de mystère que l’animation de Disney a su très bien transposer. Mais cette nouvelle version est décevante… et pourtant on ne voit pas l’heure passer. Le film a beaucoup de très bonnes intentions, mais il y a malheureusement des maladresses, notamment au niveau du scénario, légèrement confus.
 
1810. Après le naufrage de ses navires, un marchant découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse, de mélancolie et d’amour…
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Le réalisateur Christophe Gans nous propose une adaptation originale dont l’intérêt principal est l’actualisation du mythe, sans chercher à le moderniser. La réalisation se veut ainsi rythmée, le scénario ne suit pas la trame chronologiquement et les effets spéciaux sont à perte de vue… Le scénario de Gans et Sandra Vo-Anh ne suit pas le conte entièrement et se permet des inventions propres et personnelles, certaines réussies, d’autres ratées. C’est ce qui donne une certaine fraîcheur et de la nouveauté au film qui ne se place plus donc dans un cadre conventionnel. Le scénario s’inspire également de l’édifice mythologique comme les impressionnants géants, des colosses rocheux. Mais malheureusement le film tombe plusieurs fois dans le ridicule. Toutefois toutes les inventions ne sont pas mauvaises : la vastitude du château quasiment organique est très intéressante. 
 
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On aurait voulu un scénario plus profond avec des personnages mieux travaillés. Le film réduit les seconds rôles à des archétypes : le père noble, le frère escroc, le frère naïf, les frères artistes et les soeurs puériles. Après une demie-heure réussie qui pose les murs porteurs du scénario, on tombe vite dans le ridicule avant de s’y habituer. Gans arrive donc à trouver une cohérence dans son film assez rapidement, mais il y un vrai problème au niveau de la structure du scénario. C’est dommage que le film ne suit pas la trame chronologiquement. Certes, ça ajoute de la nouveauté et du rythme mais quel est l’intérêt de mettre la scène finale dans la première partie du film? Après ces deux points négatifs, on regrette également que la partie romantique ne soit pas plus travaillée. Il y a très peu de profondeur dans l’histoire d’amour, pas assez de sentiments ni de tendresse de la part des deux protagonistes, contrairement à l’animation de Disney. Le cheminement de la jeune fille innocente qui tombe petit à petit amoureuse est très peu travaillée, et la déclaration finale de l’actrice est très peu crédible. Vincent Cassel réussit assez bien dans le rôle de la bête poilue avec beaucoup de crédibilité. Sa transformation en bête a surtout eu lieu pendant la post-production. On aurait aimé l’ajout de graves dans son intonation et un rugissement plus présent pour montrer sa force sauvage. Contrairement à beaucoup, j’ai trouvé le jeu de Léa Seydoux arrivait à séduire, bien que très imparfait et perfectible, Léa Seydoux étant capable de faire mieux. Les seconds rôles sont excellents : Dussollier, Audrey Lamy sauf ceux des frères. Dommage que le scénario soit donc négligé car le reste est bon et Gans, du point de vue de la réalisation, a fourni un travail honnête et élaboré. De plus, la mise en scène se veut efficace, la photographie est excellente, très riche, les décors sont réussis et les effets spéciaux sont d’un régal esthétique. On comprend les 35 millions d’euros de budget. 
 
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Cependant, même si les effets spéciaux sont réussis, il y en a bien trop…L’utilisation du numérique est abondante et amoindrit terriblement la force de certaines scènes. Certains slow-motion sont réussis, d’autres n’ont aucun intérêt sauf si ce n’est que pour un ajout de rythme à des scènes d’action qui n’ont pas autant d’intérêt dans ce genre de film. Quelques uns, c’est acceptable, mais toute la dernière demie-heure riche en action, c’est exagéré. On aurait aimé à la place des dialogues pertinents, surtout que la majorité des dialogues est d’un niveau assez moyen. Vous l’aurez compris, le scénario est vraiment à désirer : histoire d’amour négligée, personnages peu profonds, structure mauvaise et dialogues moyens. Il y a beaucoup d’égarements qui cassent le rythme et enlèvent l’intérêt du sujet principal. Ces égarements sont plus des ajouts pour essayer de rendre le film plus intéressant, cependant cela crée l’effet inverse. Dommage encore une fois, comme si l’imaginaire ne pouvait pas être traité avec un peu plus de sérieux. 
 
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Tout de même on ne s’ennuie pas, loin de là. La réalisation honnête de Gans ajoute beaucoup de rythme et de suspense, et invite le spectateur à entrer dans un monde fantastique fascinant. La mise en abyme est intéressante pour suivre l’intrigue mais la voix off quelque peu agaçante. Le huis-clos du château est également intéressant à suivre. Le film se veut très poétique, mais surtout c’est l’ambiance qu’instaure Gans qui sauve le film. La musique est agréable, mais très inégale par moments. Il n’y a pas vraiment de thème principal sur la «romance» entre la Belle et la Bête. Le début est excellent, je retiens notamment la scène de la taverne. Mais plus on avance dans le film et elle se fait discrète. 
 
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Le film souffre de réelles faiblesses d’écriture au profit d’une démonstration d’un savoir-faire technique et esthétique. Le scénario nous prive des dialogues pertinents, d’émotion, de sentiments et de tendresses. Belle succombe au charme de la Bête en un clin d’oeil. D’autres maladresses, comme les temporalités différentes qui suscitent peu d’intérêt et montrent la scène finale en première partie ou encore une histoire parallèle qui ne mène à rien. Cependant Gans nous propose sa propre vision du conte avec une belle esthétique et un beau casting : l’atmosphère du film et la beauté des images nous retient sur notre fauteuil.
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