Critique et analyse – Sens unique

  • Date de sortie : 16 décembre 1987 (1h50)
  • Réalisateur : Roger Donaldson
  • Avec : Kevin Costner, Gene Hackman, Sean Young, Will Patton
  • Tous publics (France) – 17 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 4.3/5
  • Allociné presse : 4.2/5
Bien que le scénario de Sens Unique peut paraître classique dans un premier temps, il est en réalité loin de l’être. Le charme s’opère très vite dans ce thriller politico-psychologique de haute voltige. Sens unique traite excellemment bien les thèmes d’abus de pouvoir, de confiance et de femmes dans le milieu politique. Dès les premières images, Roger Donaldson choisit un plan-séquence de 3 minutes qui montre la panorama grandiose (et inquiétant?) de Washington DC en tant que générique. Le réalisateur pose son cadre spatial : l’intrigue a lieu à Washignton, capitale politique et administratif des Etats-Unis. Les monuments de Washington s’enchaînent sous une musique très rythmée de Maurice Jarre qui annonce d’emblée l’atmosphère de corruption du film. 
Une nuit, dans un excès de jalousie et d’emportement, le secrétaire de la défense David Brice tue accidentellement sa maîtresse, Susan Atwell, qu’il soupçonnait avoir un amant. Très vite il en fait part à son conseiller Scott Pritchard qui invente l’existence d’un possible mythique espion russe, Youri, pour maquiller le crime en révélant à la presse que le meurtrier n’est autre que ce dernier. Ce Youri aurait passé le week-end avec elle puis ensuite l’aurait tué. Pritchard charge Tom Farell d’enquêter. Mais ce que personne ne sait, c’est que l’amant de Susan était Tom et qu’il avait passé le week-end avec elle. Son enquête fait donc de lui Youri…
 
Farell comprend rapidement qu’il va devenir le principal suspect, car les enquêteurs ont des analyses qui démontrent sa présence sur les lieux du crime et de virements bancaires lors de son séjour avec Susan le week-end. Pire encore : 3 témoins l’ont vu dont un qui était une amie de Susan. Elle accepte de l’aider néanmoins. Farell est piégé dans une machination infernale. Cette même machination qu’a inventé Pritchard, qui est capable de tout faire sans limites pour sauver l’honneur de son patron David Brice. Pritchard en effet respecte et admire son patron et ne veut pas perdre son emploi. Il est donc prêt à faire n’importe quoi, même tuer pour sortir Brice d’une situation trop gênante. Il a une totale confiance envers Tom Farell qui veut accuser son patron de meurtre. Tom doit donc démontrer la liaison entre Susan et David Brice. Une amie de Susan l’aide, croyant à la conspiration politique ainsi qu’un analyste au Pentagone. Très vite, les deux personnes deviennent la cible de Pritchard qui n’hésite pas à éliminer tout individu gênant. Très moderne pour l’époque, la technologie est utilisée pour traquer le tueur. Des ordinateurs aussi grands qu’un réfrigérateur sont utilisés, des images sont manipulés…
 
Kevin Costner est le centre de gravité au sein de l’intrigue, tout tourne autour de lui. Il doit accuser David Brice, mais d’abord il doit prouver sa propre innocence, alors que son patron lui demande d’enquêter indirectement sur lui-même. Il n’a pas une seconde pour respirer ni pour penser à ce qui se passe ni même pour agir pour effacer son identité. Son interprétation reste mémorable, incroyable. Bien qu’elle joue peu, Sean Young a donné le meilleur d’elle-même en femme intrigante qui a trouvé l’homme de sa vie. Cependant même si son jeu reste excellent, on aurait aimé un peu plus de profondeur pour son personnage. Gene Hackman est excellent en homme politique droit qui a l’air arrogant mais qui reste tout de même réaliste. Lorsque Pritchard lui propose son plan, il reste assez sceptique et préfère avouer et se rendre. Quant à Will Patton, Scott Pritchard est un de ses meilleurs rôles. Fou, arrogant, prêt à tout et très nerveux. Son personnage reste un peu flou et intriguant puisqu’on ne connait pas la raison de ses agissements, comme cité ci-dessus : admiration vers son patron «Brice est brillant», peur pour la perte de son emploi ou est-il psychopathe? 
 

L’intrigue est basée sur un roman de 1946 intutilé The big Clock qui a inspiré le film du même nom de 1946 avec Ray Milland, Charles Laughton et Maureen O’Sullivan. Cette version suit bien plus le livre que Sens unique. L’intrigue est très complexe, mystérieuse et riche en tension qui progresse crescendo jusqu’à un dernier acte riche en action. Thriller bien plus tendu que bourré d’action, il y a tout de même quelques scènes d’action mais elles sont toutes réalistes, les poursuites à pied sont excellentes et très tendues. La plupart des scènes se situe dans le Pentagone-même où se crée un vrai jeu du chat et de la souris entre Tom Farell et les deux témoins qui l’ont vu le week-end avec Susan. La réalisation de Roger Donaldson offre une atmosphère unique mise en valeur par une musique parfaite de Maurice Jarre.
Reposant sur une simple coïncidence, ce thriller tendu et intriguant possède une chute finale inattendue et saisissante qui vous laissera bouche-bée. Pure réussite mais peu connu, accompagné d’une musique parfaite, le film est riche en tension et en suspense, mettant en valeur des acteurs formidables. Un film parfait.
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