Critique – 12 years a slave

  • Date de sortie : 22 janvier 2014 (2h13)
  • Réalisateur : Steve McQueen
  • Avec : Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Paul Dano, Paul Giamatti, Lupita Nyong’o, Sarah Paulson, Brad Pitt
  • Avertissement (France) – 17 ans (Etats-Unis)
  • Allociné spectateurs : 4.3/5
  • Allociné presse : 4.2/5
Inutile de s’attarder sur un tel film, car il faut le voir pour comprendre sa portée. Steve McQueen réalise un drame biopic historique grandiose et bouleversant. Solomon Northup vit en homme libre avec sa famille, il joue du violon et a fait des études. Un jour il est kidnappé et vendu à un propriétaire de plantation bienveillant qui est obligé de s’en séparer en l’offrant à un ami aux méthodes plus brutales. Avec 9 nominations aux Oscars, le film se classe dans la liste des favoris. 
 
 
McQueen traite un sujet très difficile et il ose. Il ose montrer la cruauté, l’horreur et la torture comme par exemple les souffrances d’une jeune esclave fouettée puis aveuglée. Il montre la réalité. Et c’est bien cette réalité abominable qui a fait pleurer des spectateurs dans en salle. Le film nous force à regarder notre passé en face et à nous demander ce qu’est la liberté : un droit précieux, inaliénable et fragile. Dès le début, le spectateur se met dans la place du personnage, n’étant plus un témoin d’actes horribles mais les vit. Pendant deux heures il est privé de liberté, et c’est grâce à une technique formidable du cinéaste. 
 
Steve McQueen filme à merveille des scènes horribles. Un plan séquence fixe et large montre Northup pendu, il se débat en essayant de ne pas glisser sur la boue. Puis l’image se remplit d’autres esclaves qui vont travailler puis d’enfants jouant au soleil. Un autre plan séquence montre avec violence la première fois où l’esclave est battu. Les coups s’enchaînent, ainsi que les effets sonores accentués pour insister sur la gravité de la situation. Un autre plan séquence filmé en contrechamp montre Lupita Nyong’o fouettée dont la chair éclate. La caméra se déplace ensuite en tremblant vers son visage. Cette scène laisse le spectateur mal à l’aise, le provoquant à verser des larmes et à crier «Stop!!!». 
 
Le scénariste a réussi à adapter l’autobiographie de Northup avec succès. Il a voulu dénoncer ce passé honteux avec des passages très crus : viols, tortures, assassinats, travail forcé, pendaison, séparation des familles, humiliation permanente… et des dialogues intenses. Un film radical sur l’esclavage qui ne laisse personne indifférent. On voit que les acteurs sont tous très investis : Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Lupita Nyong’o (belle découverte), Sarah Paulson et Brad Pitt. 
 
En allant voir 12 years a slave, je n’avais pas vu avant que le compositeur n’était autre que Hans Zimmer. Cependant, dès les premières notes, j’ai fait le lien avec Zimmer car les notes de musique du thème principal ressemblent vraiment à celles d’Inception. Encore une fois, Zimmer réussit à merveille sa bande originale qui s’allie très bien avec les images profondes de McQueen. Et je n’oublie pas les chansons très émouvantes des esclaves qui accompagnent le film. 
 
Un film dur, profond qui offre au spectateur une très grande portée dramatique. Il n’a pas besoin d’effets spéciaux, ni d’action ni même de surprise pour être excellent. La photographie sensible et impressionnante, le jeu des acteurs et le montage jouant sur les contrastes vous feront couler quelques larmes. A vous de choisir si vous avez le courage de voir le film. Dans tous les cas, McQueen joue avec nos sentiments dans un film bouleversant.
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5 commentaires

  1. MaxLaMenace_89 · février 10, 2014

    Belle chronique pour ce grand film de McQueen ! J'ai également été conquis. Le réalisateur se veut plus « académique » que dans ses précédents films, mais cela pour mieux accentuer le message et les émotions. Son sens du cadre est fantastique, le temps de l'image surtout à travers de nombreux plans-séquences intelligents que tu cites, un choix de forme qui rend certains passages très durs à supporter mais fait qu'on s'attache encore plus à ce malheureux personnage. Et par conséquent à la fin on lâche les vannes ^^ Bouleversant, en effet, et d'une justesse exemplaire.

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  3. le cinema avec un grand A · avril 22, 2015

    La première fois que je l’ai vu, je l’ai trouvé un peu surcoté mais à ma deuxième séance je dois avouer qu’il mérite largement ses éloges. Fassbender est grandiose !

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